Mgr Aupetit : « C’est l’éthique qui nous dit ce qui est juste dans l’utilisation du progrès technique »



Installé depuis le 6 janvier dans sa nouvelle fonction d’archevêque de Paris (cf. Un évêque spécialiste en bioéthique nommé archevêque de Paris), Monseigneur Aupetit est interviewé par le journal Le Monde. Au sujet de la révision de la loi de bioéthique, il estime que la contribution de l’Eglise catholique « doit toucher les cœurs et les intelligences », et que « ce qui se joue, c’est la question d’une société humaine ». « Le progrès technique, c’est très bien, mais c’est l’éthique qui nous dit ce qui est juste dans l’utilisation de ce progrès technique », rappelle-t-il. Pour lui, « les questions les plus importantes porteront sur l’intelligence artificielle et la robotisation », car elles interrogent sur notre humanité. Or « ce qui distingue l’humain, c’est la capacité à intégrer la fragilité », c’est la solidarité envers « les plus faibles ».

 

Interrogé sur le sondage publié par le journal La Croix le 3 janvier prêtant aux français un avis majoritaire favorable à la PMA et la GPA (cf. Les révisions de la loi de bioéthique face au diktat des sondages), Monseigneur Aupetit répond que « ce n’est pas parce qu’une majorité pense quelque chose que cette chose est juste ». Toutefois ce sondage « n’est pas rassurant », il est le reflet de la « civilisation du déchet », dont parle le pape François. Monseigneur Aupetit parle pour sa part d’une « société des encombrants » qui « jette » ceux qui nous encombrent : personnes âgées, malades, personnes handicapées avant leur naissance. Mais comme médecin, il a soigné des personnes handicapées qui lui « ont bien plus appris que tous [ses] autres patients. Qu’au-delà des apparences, il y a une humanité formidable ». Il aspire donc à « une réflexion de fond sur tous ces sujets ».


Sources: 

Le Monde, Cécile Chambraud (11/01/2018)