Manipulation génétique sur l'embryon : une transgression inquiétante



Pour le bloggeur scientifique Albert Barrois, l'annonce de la première manipulation génétique sur embryons humains par une équipe chinoise (cf. Synthèse Gènéthique du 23 avril 2015) est à la fois une "bonne" et une mauvaise nouvelle.

 

La mauvaise, c’est que "ce qui aurait été encore considéré comme une transgression majeure il y a peu a désormais été tenté".

 

La "bonne" réside dans l'échec de cette première tentative de manipulation. En effet, l'équipe du Pr Huang a observé de nombreuses erreurs et mutations "particulièrement inquiétantes" dans le génome. Ainsi, compte tenu des résultats observés, la technique utilisée se révèle "totalement inexploitable à l’heure actuelle". Et le bloggeur de s'interroger : "Quelle femme acceptera de donner près d’une centaine d’ovules dans l’espoir qu’une poignée d’embryons, dans le meilleur des cas, puissent être « corrigés », sans garantie que des mutations secondaires n’ont pas été introduites ailleurs dans le génome par la même occasion ? Les chercheurs eux-mêmes ont conclu que cette technique était encore très loin d’être exploitable chez l’homme."

 

Cependant, malgré la demande d'un moratoire sur l’utilisation de cette technique chez l'embryon humain (cf. Gènéthique du 16 mars et du 25 mars), au moins quatre autres équipes de recherche, toutes chinoises, auraient déjà effectué le même type d’expériences.

 

Les difficultés éthiques majeures soulevées par la manipulation des embryons humains ont amené les revues de références Nature et Science à ne pas publier les résultats de l'équipe du Pr Huang, ce qui explique que leurs travaux soient sortis dans une revue de second plan. Mais combien de temps cette résistance pourra-t-elle tenir ?


Sources: 

Blog d'Albert Barrois 23/04/2015