Les traitements utilisant CRISPR-Cas9 pourraient augmenter le risque de cancer



Lundi, des chercheurs de l’université britanique de Cambridge et de l’Institut Karolinska en Suède ont mis en garde contre les risques de la technologie d’édition du génome actuellement explorée par les scientifiques dans le monde entier. Elle pourrait involontairement augmenter le risque de cancers. D’autres recherches seront nécessaires pour garantir la sécurité des ciseaux moléculaires CRISPR-Cas9.

 

L'équipe, dirigée par le Pr Jussi Taipale à Cambridge, a constaté que CRISPR-Cas9 déclenchait un mécanisme conçu pour protéger les cellules contre les dommages causés à l'ADN, ce qui rend l'édition des gènes plus difficile. Aussi, les cellules dépourvues de ce mécanisme sont plus faciles à éditer que les cellules normales. Cependant, les populations de cellules éditées du génome contiennent un plus grand nombre de cellules exemptes du mécanisme clé protégeant contre les dommages à l'ADN.

 

Dans une recherche publiée dans la revue Nature Medicine, les scientifiques ont averti que l'absence de ce mécanisme protecteur fragilisait les cellules plus susceptibles de devenir tumorales, puisque les dommages causés à l'ADN ne pouvaient plus être corrigés. Aussi, « bien que nous ne comprenions pas encore les mécanismes ... nous pensons que les chercheurs doivent être conscients des risques potentiels lors du développement de nouveaux traitements », a déclaré M. Taipale, qui considère par ailleurs qu'une fois que les scientifiques auront mieux compris comment la réponse est déclenchée par CRISPR, il sera peut-être possible de trouver des moyens de surmonter le problème.

 

Une deuxième équipe du Novartis Research Institute de Boston aux Etats-Unis, a également publié lundi dans la même revue une étude qui soutient les mêmes conclusions.

 

Darren Griffin, un expert en génétique à l'Université de Kent qui n'a participé à aucune étude, a invité à la prudence : « Si la quasi-totalité des traitements ont des effets positifs, ils peuvent aussi faire du mal ». Il est important que cette règle soit prise en compte, particulièrement dans ce contexte.


Sources: 

Reuters, Kate Kelland (11/06/2018)