Les soins palliatifs, « un exemple lumineux de soins centrés sur la personne »



A l’occasion d’une convention sur les soins palliatifs qui se tenait à Rome du 28 février au 1er mars à l’initiative de l’Académie pontificale pour la Vie, le Saint Père par le biais d’une lettre signée par le cardinal Parolin, encourage l’utilisation des soins palliatifs.

 

Pour le Pape, la vocation la plus profonde de la médecine consiste dans le fait de « toujours soigner », même s’il n’est pas toujours possible de guérir. « Les derniers moments de notre vie terrestre et qui mettent l’être humain face à une limite qui semble insurmontable pour la liberté, suscitant parfois rébellion et angoisse ». Cependant l’éviction de la mort prive « de la richesse qui, précisément se cache dans la finitude et d’une occasion de mûrir une manière de vivre plus sensée sur le plan personnel et social ».

 

Au nom du Pape, le cardinal poursuit en affirmant qu’une « redécouverte de la vocation plus profonde de la médecine » consiste « avant tout à prendre soin : leur tâche est de toujours soigner, même s’il n’est pas toujours possible de guérir ». Et « les soins palliatifs attestent, à l’intérieur de la pratique clinique, de la conscience que la limite requiert non seulement d’être combattue et dépassée, mais aussi reconnue et acceptée. Et cela signifie de ne pas abandonner les personnes malades, mais au contraire d’être proche d’elles et de les accompagner dans la difficile épreuve qui se manifeste à la fin de la vie ». La mort elle-même, « introduite dans un horizon symbolique à l’intérieur duquel elle peut apparaît non pas tant comme le terme contre lequel la vie se brise et succombe, mais plutôt comme l’accomplissement d’une existence gratuitement reçue et amoureusement partagée ». 

 

Le texte rappelle que « la logique des soins rappelle en effet cette dimension de mutuelle dépendance d’amour qui émerge, certes, avec une particulière évidence dans les moments de maladie et de souffrance, surtout à la fin de la vie, mais qui en réalité traverse toutes les relations humaines et en constitue même la caractéristique la plus spécifique ». 

 

Au sujet de la douleur, le texte souligne l’impératif d’une « thérapie de la douleur » distincte de l’euthanasie, qui requiert la manipulation de substances conformément à des procédures exigeant « toujours un discernement attentif et beaucoup de prudence ».

 

En dernier lieu, le Cardinal évoque la question de la sédation profonde et continue « en partie insuffisante, de sorte qu’elle doit être considérée comme un remède extrême, après avoir examiné et clarifié avec attention les indications » et plaide pour une diffusion large des soins palliatifs.

 

Interrogée en marge de cette convention, Marie-Charlotte Bouësseau, du département Prestation de services et sécurité de l’Organisation mondiale de la Santé à Genève, a considéré que les soins palliatifs étaient « un exemple lumineux de soins centrés sur la personne et non pas sur la maldie ». Elle a ajouté : « Et si nous arrivons dans nos sociétés à construire des programmes de Soins Palliatifs, nous répondrons à des besoins spécifiques, nous aiderons aussi à la transformation de nos systèmes de santé pour qu’ils soient vraiment des systèmes centrés sur la personne ». Les soins palliatifs sont « un impératif éthique et une occasion à ne pas manquer de réhumaniser la médecine ».


Sources: 

Vatican news, Cyprien Viet (28/02/2018) ; Vatican news, Xavier Sastre (28/02/2018) ; Zenit, Hélène Ginabat (28/02/2018)