Les nouveaux marchés cannibales, un livre pour comprendre



A l’occasion de la sortie du livre, Les nouveaux marchés cannibales, mondialisation et marchandisation du corps humain, Jean-Daniel Rainhorn, coéditeur de l’ouvrage, professeur de santé et d’action humanitaire à la Maison des sciences de l’homme à Paris et ancien directeur du Credes (Centre de recherche et d’étude pour le développement de la santé) et du Cerah (Centre d’enseignement et de recherche en action humanitaire) explique : « Ces nouveaux marchés ont en commun d’avoir pour matériel  le corps humain et de répondre à la loi de l’offre et de la demande ».

 

L’ouvrage collectif, au titre provocateur, traite de l’essor de la marchandisation des corps et du rôle joué par les médecins dans ces nouvelles pratiques que sont le marché des mères porteuses, le trafic des organes, la commercialisation de produits biologiques par les bio-banques et le recrutement par les pays riches de professionnels de santé issus des pays en développement.

 

Ces pratiques « impliquent que des parties du corps humain puissent être vendues, achetées ou louées comme n’importe quelle autre marchandise. Cela pose des questions de fond sur l’évolution du rapport entre la médecine et l’humain », précise-t-il.

 

Interrogé sur le titre de l’ouvrage, il explique que « ces marchés mettent les corps des plus pauvres au service de la santé et du bien-être des plus riches ». « La référence au cannibalisme nous a semblé pertinente dans les domaines que nous avons étudiés, pour traduire cette appropriation du corps de l’autre afin d’en tirer un profit. »

 

Enfin, « j’ai voulu montrer l’endroit où la médecine ne traite plus l’humain comme un humain mais comme un objet. Il s’agit d’un  nouveau type de servitude fondé sur un prolétariat d’hommes-objets. J’aimerais que cela provoque un mouvement des indignés ».

 


Sources: 

Le Temps(Catherine Mary); 17/07/2015