Les hommes moins enclins à recourir aux soins palliatifs que les femmes



Une étude américaine de l'Université de Rochester Medical Center (URMC), publiée dans  Journal of Pain and Symptom Management,  vient de mettre en évidence le refus plus important chez les hommes des soins palliatifs : en cas cancer avancé, 30 % d’entre eux sont moins susceptibles d’y recourir que les femmes. Pour Fahad Saeed, auteur principal de l’étude et spécialiste des soins palliatifs, ces résultats « reflètent les normes sociales sur les rôles de genre », car les hommes, se considérant protecteurs de leur famille se veulent « combattants » et « guerriers » et voient les soins palliatifs comme un « abandon » de la lutte.

 

« Il y a une philosophie du ‘bats-toi, bats-toi, bats-toi’, et il n’y a rien de mal à ça », dit Timothy Quill, qui a créé le programme de soins palliatifs de l'URMC. « Mais si la seule chose que vous faites est de vous battre et que vous ignorez les aspects émotionnels et spirituels de ce qu’il se passe, c’est une occasion ratée de regarder la vie d’une manière différente ». Selon Thimothy Quill, les soins palliatifs sont pourtant compatibles avec cet esprit combattif, car ils peuvent commencer dès l’annonce de la maladie, et se poursuivre en même temps que les traitements curatifs. Ils augmentent même la durée de vie des patients selon certaines études. « Les soins palliatifs sont conçus pour aider les patients à naviguer entre leurs émotions, ainsi que pour soulager les symptômes tels que la douleur, l'essoufflement ou d'autres problèmes médicaux qui découlent de la maladie ou de son traitement ». L’objectif est de s’occuper de toute la personne et non seulement de sa maladie. Ils permettent aussi souvent d’aider les familles.

 

L’étude a interrogé 383 personnes de 22 à 90 ans, en phase terminale de cancer, sur leur désir de soins palliatifs ou non. L’étude a aussi pris en compte d’autres facteurs, comme l’agressivité du cancer, l’âge, l’origine ethnique et la situation financière, mais le seul facteur qui avait une influence significative sur les réponses était le sexe, avec 30 % d’écart entre hommes et femmes.

 

Paul Duberstein, un auteur reconnu, professeur de médecine et de psychiatrie, et directeur de recherche en soins palliatifs à l'URMC, estime que ces résultats doivent inciter les médecins à tenir compte de cette différence homme-femme dans leur discours aux patients ainsi que de la tendance qu'ont certains d'entre eux à vouloir se battre seuls, « stoïciens et invulnérables ».

 

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Sources: 

Medical Press, University of Rochester Medical Center (09/07/2018)