Les femmes ayant accouché d'un bébé né d'un don d'ovocyte moins proches de leur nouveau-né ?



 

Les femmes qui ont accouché de bébés issus d’un don d’ovocyte ne seraient pas aussi proches de leur bébé, et certaines ont avoué avoir du mal à assumer de ne pas avoir de lien biologique avec leur enfant. C’est ce que révèle une étude, publiée dans The Journal Child Developpement, menée par le Centre de recherche pour la famille de l’Université de Cambridge auprès de 85 femmes britanniques qui ont eu recours au don d’ovocyte. Chaque fois, le partenaire était le père biologique et le bébé avait entre six et 18 mois.

 

«Les femmes qui ont recours à un don d’ovocyte ont souvent emprunté un chemin plus long pour devenir mères », a déclaré le Dr Susan Imrie, co-auteur de l’étude. «Nos recherches montrent que certaines femmes ont encore du mal à trouver leurs marques ».

 

Les chercheurs, qui ont filmé des parents jouant avec leur enfant pendant dix minutes, ont remarqué que les femmes étaient moins sensibles au sourire de leur bébé ou leur répondaient moins quand ils pointaient vers elles un jouet ou montraient des signes d'ennui. Elles étaient aussi moins aptes à structurer leurs activités. De leur côté, les bébés réagissaient moins à leur vue, souriaient moins et impliquaient moins leur mère, par exemple en agitant ou en leur tendant des jouets. L'étude suggère que les femmes qui interagissent différemment avec leur bébé né d'un don d'ovocytes, peuvent susciter une réaction différente de ceux-ci.

 

Par ailleurs, ces femmes avaient moins confiance en leurs compétences parentales ; l’étude suggère cependant que cette composante pourrait être liée à l'âge des mères.

 

«Les femmes qui ont recours à un don d’ovocyte ont souvent emprunté un chemin plus long pour devenir mères », a déclaré le Dr Susan Imrie, co-auteur de l’étude. «Nos recherches montrent que certaines femmes ont encore du mal à trouver leurs marques ». L’étude suggère que ces comportements sont susceptibles d’évoluer avec le temps pour se rapprocher de ceux des familles conventionnelles d’enfants nés par PMA.

 

Des études complémentaires sur des populations plus larges et des temps plus longs doivent encore être menées.

 

En Grande-Bretagne, 1400 bébés sont nés d’un don ovocytaire en 2016, soit trois fois plus qu’il y a 20 ans.

 


Sources: 

Daily Mail, Victoria Allen (09/10/2018)