Les enfants nés par GPA auront-ils le même sort que ces enfants adoptés, abandonnés, réadoptés ?


Le reportage commence sur les images choc d’un défilé d’adolescents. Très vite, le téléspectateur se rend compte, ahuri, qu’il n’est pas dans le monde de la mode, mais que ce défilé concerne des enfants en quête de parents adoptifs. Des enfants adoptés, puis abandonnés, qui cherchent de nouveaux parents et se présentent sous leur meilleur jour.

 

Ce reportage « Etats-Unis, enfants jetables » était proposé sur France 5, mardi 12 avril à 20h50. Aux Etats-Unis, ils seraient près de 25 000, de tous les âges, en quête de nouveaux parents. Abandonnés souvent plusieurs fois, mis en ligne sur un site Internet, available, disponibles, c’est ainsi qu’ils sont présentés, comme des produits de consommation en stock, et susceptibles d’être victimes de tous les abus. Pourquoi ?

 

Aux Etats-Unis, ce n’est pas le bien de l’enfant qui prime dans le projet d’adoption, mais le « désir d’enfant », le « projet parental ». Pour Marie-Anne Frison-Roche, « c’est la volonté d’avoir un enfant qui fait naître l’enfant »[1]. Et quand l’enfant ne parvient pas à entrer dans le projet parental, quand il ne s’y identifie pas, il est rejeté, échangé, donné : « L’adulte remet l’enfant en circulation en disant que l’enfant trouvera un projet auquel il sera plus adéquat ». Et ce sont des milliers d’enfants qui sont ainsi victimes de l’inconscience de parents que l’adoption met en défaut.

 

Jusqu’ici en France et plus largement en Europe, l’adoption a été protégée de tels abus. Le droit encadre strictement la pratique, qui fait l’objet d’un suivi.

 

Mais comment ne pas penser aux enfants nés de la PMA, plus encore de la GPA, et dont la vie ne tient qu’au « désir d’enfant » de leurs parents (cf. Le projet parental légitime-t-il la venue de l’enfant ?) ? Comment réussiront-ils à « être assez parfaits » pour combler ce désir ? Que deviendront ces enfants s’ils ne correspondent pas au projet parental des couples qui les font fabriquer et les achètent en Inde, en Russie ou ailleurs ? Déjà sur le marché de la GPA, des enfants « qui naissent avec une malformation sont rejetés par les ‘parents d'intention’, puisqu'ils ne correspondent pas au projet que ceux-ci avaient ». Ne risquent-ils pas de subir le même sort que celui de leurs frères mal adoptés ?