Les Chinois en quête d’identité se ruent sur les tests ADN



Simple curiosité identitaire ou pertes d’archives familiales lors des guerres ou de la Révolution Culturelle, le nombre de Chinois ayant recours à des tests de séquençage du génome est en pleine croissance. En 2017, ce marché représentait environ 7,2 milliards de yuans[1]. Il devrait atteindre 18,3 milliards de yuans[2] en 2022.

 

Miao Qing, par exemple, un cadre chinois, a acheté un test qui permet de séquencer l’ADN à partir d’un échantillon de salive, pour mieux connaitre son patrimoine génétique et surtout, « le plus important », son ascendance. « C’était motivé par une curiosité et trois questions philosophiques : qui je suis, d’où je viens et où je vais », explique-t-il.

 

Les kits en vente libre sont devenus tellement populaires qu’ils ne coûtent plus que 199 yuans (29 dollars). Mais l’efficacité d’un test de ce genre dépend surtout de la base de données génétique du fournisseur. Les grandes entreprises mondialement connues telles 23andMe ou AncestryDNA ne sont pas assez précises en Asie, des entreprises mieux implantées localement se sont développées, permettant même de distinguer parmi les différentes ethnies chinoises. Miao qui se croyait originaire du Sud de la Chine a ainsi découvert qu’il était Mandchoue à 60 %, une ethnie du Nord-Est du pays. « J'étais curieux de savoir tout cela et cela a permis de répondre à beaucoup de questions que j'avais. »

 

Mais Miao compte aller plus loin : « C'est une bonne expérience, je viens donc d'acheter un autre kit pouvant révéler la personnalité ». En effet des entreprises chinoises comme WeGene ont développé un autre concept, plus controversé, mais très prisé en Chine : les tests ADN analysés par des « généticiens du comportement » qui « prétendent que la génétique peut influer sur le comportement, de la personnalité aux habitudes de consommation ».

 

De plus en plus de Chinois souhaitent retrouver leur racine et mieux se connaître eux-mêmes. « Qui sait ce que je vais encore apprendre sur moi ? », interroge Miao.

 

Des associations de défense des droits de l’homme ont cependant alerté quant à l’utilisation faite par l’Etat de ces bases de données génétiques. Officiellement destinées à aider les recherches d’enfants perdus, il semblerait qu’elles servent aussi à identifier précisément quels sont les personnes liées aux minorités éthniques surveillées.

 


[1] 1,05 milliard de dollars.

[2] 2,67 milliards de dollars.


Sources: 

Phys.org, Danni Zhu & Elizabeth Law (26/10/2018)