Le processus de FIV affecte la taille des nouveaux nés



La taille des nouveau-nés est impactée par leur mode de conception. Le poids des bébés issus de FIV est plus faible quand ils sont issus d’un transfert d’embryon frais, et légèrement plus élevé que la moyenne si l’embryon a d’abord subi une congélation.

 

Des chercheurs suédois ont mené une étude[1] cherchant à déterminer les mécanismes en cause dans la modification de la croissance embryonnaire. Ils ont étudié 157 grossesses naturelles et 87 grossesses post-FIV, issues d’embryons frais et d’embryons décongelés. « Nous avons divisé les placentas en génotypes selon les variations des nouveau-nés, et nous avons observé que l'effet de la FIV sur les marques épigénétiques[2] dépendait du génotype », explique le professeur Nina Kaminen-Ahola, chef de l'équipe de recherche de l'Université d'Helsinki. Les chercheurs ont ainsi pu mettre en lumière qu’il n’y avait qu’un seul génotype impacté par la FIV, impactant différemment les bébés selon que des embryons frais ou décongelés étaient utilisés.

 

Cette étude révèle donc « des effets génotypiques de facteurs environnementaux », explique le professeur : « Pour autant que je sache, c'est la première fois qu’un facteur génétique est associé au phénotype des nouveau-nés issus de FIV ». Cette variation étant localisée sur le site de liaison d’une protéine, elle pourrait donc « affecter la liaison de la protéine ainsi que la fonction du gène » si les conditions environnementales sont modifiées comme dans une FIV.

Kaminen-Ahola souligne que « le faible poids à la naissance est associé à un risque accru de maladies cardiaques et vasculaires et il est donc nécessaire de comprendre les mécanismes sous-jacents », pour envisager une « médecine personnalisée ».

 

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[1] Etude menée par l'Université d'Helsinki, l'hôpital universitaire d'Helsinki et l'université de Tartu.

[2] L’épigénétique est définie comme l’étude des changements transcriptionnels transmissibles lors de la division cellulaire, mais qui ne découlent pas de modifications dans la séquence d’ADN.


Sources: 

Medical Press, University of Helsinki (19/06/2018)