Le docteur Sanchez fixe au 20 mai le début de la mise en oeuvre de l'euthanasie de Vincent Lambert



« Je vous informe que l'arrêt des traitements et la sédation profonde et continue évoquée lors de la procédure collégiale seront initiés au cours de la semaine du 20 mai », a annoncé vendredi dernier le Dr Sanchez, médecin de Vincent Lambert, dans courrier adressé à la famille du patient.

 

Passant outre la mesure conservatoire de maintien en vie rendue par le Comité international de protection des droits des personnes handicapées de l'ONU (CIDPH), il a décidé de mettre en œuvre la décision du Conseil d’Etat qui a estimé que les différentes conditions étaient « réunies pour que la décision d'arrêter la nutrition et l'hydratation artificielles de M. Vincent Lambert puisse être mise en œuvre ».

 

« Il n'y a aucune urgence médicale à arrêter l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert », ont réagi les avocats des parents de Vincent Lambert qui déplorent que cette décision du Dr Sanchez soit prise « en violation délibérée des engagements internationaux de la France et du droit international ». « Vincent Lambert n’est pas en état de mort cérébrale, il n’est branché à aucune machine qui le maintiendrait artificiellement en vie, il se réveille le matin, s’endort le soir, il suit des yeux ses proches […]. Ce n’est pas un légume, comme on le dit », a insisté Me Triomphe. « Si cette décision était exécutée, Vincent Lambert mourrait en quelques jours (...) et le docteur Sanchez pourrait remettre à Viviane Lambert un fils mort pour la fête des mères le 26 mai prochain », ont-ils affirmé.

 

Ils ont ainsi fait appel au défenseur des droits et au président de la République, Emmanuel Macron, et envisagent de saisir la justice afin que « soit respecté le droit international au profit de Vincent Lambert ».

 

Lundi, le futur président de la Conférence des évêques de France, monseigneur de Moulins-Beaufort, a considéré qu’il relevait de « l'honneur d'une société humaine que de ne pas laisser un de ses membres mourir de faim ou de soif et même de tout faire pour maintenir jusqu'au bout la prise en charge adaptée », ajoutant que « se permettre d'y renoncer parce qu'une telle prise en charge a un coût et parce qu'on jugerait inutile de laisser vivre la personne humaine concernée serait ruiner l'effort de notre civilisation »

 

Pour aller plus loin :

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Sources: 

AFP (11/05/2019) ; Valeurs Actuelles (11/05/2019) - “La France crache sur Vincent Lambert”, selon les avocats de ses parents