Le Conseil d'Etat préconise la mort de Vincent Lambert



Dans l'affaire V. Lambert, le rapporteur du Conseil d'Etat préconise, ce vendredi 20 juin 2014, de cesser l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert, autrement dit il requiert sa mort. Une première en France.

 

Pour rendre son verdict, le rapporteur public, Rémi Keller, s'est fondé sur "la dégradation de l'état de conscience" de Vincent Lambert et "l'irréversibilité de ses lésions"  qui avaient été soulignées par les trois experts en neurosciences que le Conseil d'Etat avaient sollicité en février dernier (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 27 février 2014). Cependant, les experts avaient également tenu à "souligner que dans une telle situation et en l'absence de directives anticipées et de personne de confiance, le degré de l'atteinte de la conscience ne saurait constituer le seul élément déterminant de la mise en route d'une réflexion concernant un éventuel arrêt de traitement". Une considération oubliée du rapporteur public puisque celui-ci "a considéré que maintenir un état dégradé et irréversible entrait dans le champ de l'acharnement thérapeutique". Mais deux critères sont ignorés pour qualifier une situation d'acharnement thérapeutique : l'inutilité et la disproportion des traitements.

 

Pour l'avocate de Rachel Lambert, l'épouse de Vincent, favorable à l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation a déclaré : "Nous garantissons le droit à la vie, qui est en fait le droit à sa vie, le droit de ne pas subir une situation dégradante." Pour l'avocat des parents (contre l'arrêt), "le doute doit profiter à la vie". Une idée que semble partager Emmanuel Hirsh, directeur de l’Espace éthique de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris: il ne faut "pas condamner à mort certaines formes de vie". Enfin, pour l'Union nationale des Associations de familles de traumatisés craniens : "Vincent Lambert n’est pas en fin de vie. Il n’y a pas de dégradation de ses fonctions vitales. Il vit. Une vie différente, à la mesure de son handicap."

 

Ces conclusions doivent encore être examinées par 17 juges et une décision définitive devrait être rendue le 24 juin à 16h. Si les partisants de l'euthanasie se satisfont d'une telle décision d'arrêt des soins, les autres craignent  "une jurisprudence dangereuse" pour les patients actuellement en état pauci-relationnel comme Vincent Lambert. 


Sources: 

lefigaro.fr (Delphine de Mallevoüe) 20/06/2014 - Lemonde.fr (François Béguin - Laetitia Clavreul) 20/06/2014 - Gènéthique