L’Académie de médecine s'oppose à la "PMA pour toutes"



Dans un avis officiel rendu samedi 21 septembre dernier, l’Académie nationale de médecine a déclaré que « la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure » et n’est « pas sans risques » pour son « développement psychologique » et son « épanouissement ».

 


L’Académie « reconnaît la légitimité du désir de maternité chez toute femme quelle que soit sa situation », mais juge qu’« il faut aussi au titre de la même égalité des droits tenir compte du droit de tout enfant à avoir un père et une mère dans la mesure du possible ».

 

Démentant les études qui fondent « l’argument régulièrement avancé pour rejeter le risque pour l’enfant », elle explique que les données ne sont « pas très convaincantes », « au plan méthodologique, en nombre de cas et en durée d’observation sur des enfants n’ayant pas toujours atteint l’âge des questions existentielles ». Bien que « de plus en plus malmenée par les évolutions sociétales », poursuit-elle, « la figure du père reste pourtant fondatrice pour la personnalité de l’enfant comme le rappellent des pédopsychiatres, pédiatres et psychologues ».

 

Si son rôle n’est pas de « donner un avis » sur une « mesure sociétale », ce qu’elle reconnaît, l’Académie « estime de son devoir de soulever un certain nombre de réserves liées à de possibles conséquences médicales ». La présidente de La Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, a déclaré que « cet avis retentissant change évidemment radicalement la donne ».

 

Le projet de loi de bioéthique sera débattu à partir de mardi 24 septembre à l’Assemblée nationale. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, souhaite une adoption définitive du projet de loi bioéthique « avant l'été » : « La PMA pour toutes les femmes sera ouverte immédiatement dès la loi promulguée », a-t-elle indiqué.

 

Pour aller plus loin :


Sources: 

AFP (22 et 24/09/2019)