La SFAP conteste le chiffre de 4000 euthanasies clandestines avancé pour la France



Chiffres à l’appui, la Société Française des Soins Palliatifs (SFAP) conteste le chiffre de 4000 euthanasies clandestines avancés lors des débats sur la fin de vie.

Elle estime que « pour peu que l’on prenne connaissance de l’intégralité de l’étude, on lit que, parmi les décisions médicales en fin de vie, seules ‘0,2% sont pratiqués en administrant délibérément une substance pour mettre fin à la vie (11 cas)’ » [1]. A partir du nombre de décès recensé par l’INSEE, la SFAP considère que « 1.097 euthanasies clandestines pratiquées en 2009, soit quatre fois moins que les chiffres avancés ».

De plus, elle montre que la dépénalisation de l’euthanasie ne diminue pas le nombre d’actes pratiqués clandestinement ; elle ne fait que déplacer la transgression. Les pays qui ont légalisé l’euthanasie recensent « davantage d’euthanasies illégales que la France, alors même que le critère de l’illégalité a été repoussé ».

Aux Pays-Bas, «  23% des suicides assistés (…) ne sont pas enregistrés ».

En Belgique, « le nombre d’euthanasies clandestines est le triple du nombre d’euthanasies clandestines en France malgré la légalisation de la pratique : 1,8% des décès contre 0, 6% en France ». La commission de contrôle, qui n’a aucun moyen de vérifier les déclarations qu’elle reçoit, apparait « inefficace ». Elle-même considère qu’il est impossible d’évaluer « la proportion du nombre d’euthanasies déclarées par rapport au nombre d’euthanasies réellement pratiquées »[2], mais une étude publiée dans la revue The Lancet, considère qu’une euthanasie sur 2 seulement serait déclarée. Par ailleurs, concernant les cas douteux, le Pr Wim Distelmans déclarait : « Les médecins ne les déclarent pas, alors on ne les contrôle pas »[3].



[1] Encadré n°3 de l’étude de l’INED : Les décisions médicales en fin de vie en France.

[2] Rapport 2014-2015 de la CFCEE aux chambres législatives, p. 18.