La Police Roumaine ferme les yeux sur le trafic d’organes



Si la vente d’organes est interdite en Roumanie, les offres se multiplient sur les sites de petites annonces. « Je vends un rein, groupe sanguin B. Je suis âgé de 20 ans, pas d'alcool, pas de cigarettes, pas de drogues, santé parfaite. Je peux me déplacer dans la ville qui vous convient. Prix : 10 000 euros. Négociable. » « Vends un rein, groupe O. J'ai besoin d'argent pour payer mes dettes et je suis en très bonne santé. Prix : 8 000 euros. Négociable. » « Urgent, je vends un rein, prix à négocier. Femme sérieuse, je le vends pour élever mes enfants. »

 

L'article 156 de la loi 1995-2006 pénalise pourtant la vente d’organes « de trois mois à deux ans de prison », mais la police roumaine n’ouvre presque pas d’enquêtes, douze seulement cette année par exemple, et aucune condamnation n’a eu lieu depuis six ans. D’ailleurs seules les transactions sont interdites, pas les annonces.

 

Les Roumains deviennent un réservoir mondial d’organes. Ils sont contactés par des étrangers pour des transplantations hors de leur pays… Les Israéliens sont notamment des clients fidèles car les dons d’organes sont quasiment interdits dans leur pays. En 2012, sept médecins roumains et israéliens ont été condamnés à la prison pour trafic d'organes, ils faisaient payer jusqu’à 600 € par don d’ovocytes…

 

Loi de l’offre et de la demande, les Roumains ont du mal à trouver des donneurs d’organes pour eux-mêmes : « Il est très difficile d'acheter un rein en Roumanie parce qu'il existe des procédures médicales très contraignantes ».

 

Entre cupidité et misère, les donneurs sont « concernés de plus en plus tôt : ‘Âgée de 14 ans, vends rein, santé parfaite. Prix : 10 000 euros. Négociable’. »

 

Pour aller plus loin :


Sources: 

Le Point, Mirel Bran (21/06/2018)