« La médecine hippocratique est fondamentalement incompatible avec l’euthanasie »



Des médecins canadiens se sont exprimés dans le World Medical Journal, pour élever leur voix contre l’euthanasie et ses conséquences délétères depuis deux ans au Canada[1]. L’euthanasie définie comme un « soin de santé » redéfinit complètement le contour de leur profession médicale et pourrait les forcer « pour des raisons d’intégrité et de conscience professionnelle, d’émigrer ou de se retirer complètement ». Ils sont « très inquiets » car l'euthanasie « transforme la culture médicale » de leur profession, « dédiée seulement à la guérison et au mieux-être ».

 

« Nos observations et expériences personnelles au cours des deux dernières années confirment notre conviction que la pratique de la médecine hippocratique est fondamentalement incompatible avec l'euthanasie et le suicide assisté. (...) Nous croyons que les médecins et les associations médicales devraient défendre vigoureusement l’excellent modèle reçu de notre Histoire. Et l’euthanasie, ce n’est pas de la médecine. »

 

Ces médecins se disent « consternés » de la mauvaise influence qu’exerce l’euthanasie aussi bien sur les soignants que sur les patients. La culture euthanasique met en danger non seulement la sécurité des patients, mais aussi la perception qu’ont patients et médecins de la profession médicale. Le document met en lumière des « effets négatifs délétères » sur le vivre ensemble et sur la vocation des médecins. Le nombre de médecins exerçant en soins palliatifs a diminué depuis l’autorisation de l’euthanasie, la qualité de ces soins se réduit progressivement. Peu à peu, les patients se tournent vers l’euthanasie faute de soins palliatifs adéquats… « En tant que médecins de tradition hippocratique, nous nous concentrons sur le bien de nos patients, en évitant l'acharnement thérapeutique et en répondant à leur souffrance avec compassion, compétence et à l’aide de soins palliatifs ».

 


[1] https://www.wma.net/wp-content/uploads/2018/10/WMJ_3_2018-1.pdf - page 17.

 

 


Sources: 

Institut Européen de Bioéthique (23/10/2018)