La greffe d’utérus pose les mêmes problèmes éthiques que la GPA



Une chercheuse de l’université de Linköpig en Suède[1] s'est penchée sur les aspects éthiques de la greffe d’utérus : cette pratique n'est pas nécessairement moins compliquée d'un point de vue éthique que la gestation pour autrui, conclut-elle.

 

Un certain nombre d’équipes dans le monde mènent des projets de recherche sur la transplantation utérine. Jusqu’à aujourd’hui, dix enfants sont nés de cette technique, dont huit en Suède. Le procédé n’en est qu’à ses débuts, mais beaucoup le considère comme un succès médical. « Si la transplantation utérine doit passer du stade des essais à la réalité dans le système de santé suédois, il doit d'abord y avoir un débat éthique », plaide Lisa Guntram, chercheuse à l’université de Linköping. Sans trancher, son étude met en lumière les « parallèles » entre greffe d’utérus et gestation pour autrui.

 

Lysa Guntram est partie de l’hypothèse selon laquelle la transplantation utérine serait moins problématique que la GPA. Mais bon nombre des arguments utilisés contre la GPA peuvent s’appliquer à la greffe d’utérus dans le cadre d’un traitement de la stérilité :

 

·         L’intervention peut menacer l’autonomie de la donneuse et la soumettre à des pressions : dans le cas de la greffe d’utérus, les utérus donnés proviennent dans la plupart des cas de la mère de la femme stérile. Certains proches parents de femmes stériles peuvent se sentir obligés de faire un don, voire être soumis à des pressions pour le faire.

 

·         L’intervention peut mener à l’exploitation du corps des femmes : les utérus pourraient devenir un organe échangé par marché noir.

 

·         La recherche sur les risques physiques et psychologiques de l’enfant né de ces pratiques est insuffisante.

 


[1] En collaboration avec Nicola Jane Williams de l'Université de Lancaster au Royaume-Uni ;les résultats de l'étude ont été publiés dans la revue Bioethics.


Sources: 

Science Daily (26/09/2018)