La GPA n’est pas inéluctable



Le 21 septembre, le Conseil de l’Europe examinera le rapport controversé de Petra de Sutter sur la GPA (cf. Conseil de l'Europe : La GPA de nouveau en question). A cette occasion, trois féministes signent une tribune dans le Huffington Post pour dénoncer le contenu de ce rapport.

 

L’auteure, Petra de Sutter, « préconise de reconnaitre et d’encadrer la GPA pour deux raisons » : parce que cette pratique déjà internationale serait « inéluctable », et parce qu’ « on peut trouver des femmes - généreuses et altruistes - qui veulent être mères porteuses ». Elle condamne officiellement la GPA dite « commerciale » pour mieux vanter la GPA « altruiste », ce qui revient à encourager « les personnes qui cherchent une mère porteuse à se tourner vers leur entourage pour en dénicher une ». Mais « il est peu probable que tous ceux et toutes celles qui chercheront une mère porteuse, en trouveront parmi leurs proches ». Quand bien même, « on peut aisément imaginer les tensions familiales, la pression qui s‘exercera sur les femmes récalcitrantes et finira bien par les faire consentir à être altruistes ».

 

Ainsi, « évoquer ‘l'altruisme’ et la ‘générosité’ innées des femmes, c'est s'aveugler devant les stratégies de pression et de pouvoir par lesquelles on s'assure de leur consentement. Par ailleurs, donner de l'espoir aux personnes qui veulent avoir recours à une mère porteuse, c'est aussi nourrir l'offre commerciale, qui prospère ». Car insister sur la gratuité de l’acte consenti par la mère porteuse ne doit pas faire oublier « les profits de cette pratique qui rapporte des milliards ». Les avocats qui conseillent « parents d’intention et femmes gestatrices, agences de recrutement, cliniques et tout autres agents économiques » tirent, eux, profit de l’ « altruisme des mères porteuses ».


Sources: 

Huffington Post, Ana-Luana Stoicea-Deram, Jocelyne Fildard, Nora Tenenbaum (20/09/2016)