La FIV à trois parents pour rajeunir les ovocytes : un marché lucratif



La start-up Darwin Life, lancée récemment par le médecin américain John Zhang, propose des FIV à trois parents[1] (cf. Un bébé, 3 ADN, 3 transgressions) pour des femmes âgées de 42 à 47 ans, contre la somme de 100 000$. « Provocateur », le médecin souhaite, par ce biais, utiliser cette technique controversée pour « rajeunir » les ovocytes de femmes âgées, leur permettant d’avoir un enfant ayant leur patrimoine génétique. Il aurait déjà recueilli un million de dollars pour financer son projet. Selon lui, il existe un marché de 2 milliards de dollars chaque année, compte tenu du nombre de femmes âgées qui souhaiterait avoir un enfant.

 

John Zhang est aussi à l’origine de la clinique New Hope Fertility Center. A l’origine, la FIV à trois parents a été présentée comme un moyen pour empêcher aux femmes atteintes de transmettre des maladies mitochondriales à leurs enfants. John Zhang a déjà pratiqué une FIV à trois parents au Mexique, une première contestée par ses pairs qui estiment que la technique n’est pas fiable, ou encore, qu’il s’agit d’une modification génétique transmissible, sans recul (cf. FIV à trois parents : une naissance, des incertitudes, mais pas de suivi à long terme). La technique est d’ailleurs interdite aux Etats-Unis, mais Darwin Life l’« offrira » à des couples étrangers : les embryons seront créés aux Etats-Unis, mais l’implantation aura lieu dans sa clinique mexicaine.  (cf. FIV à 3 parents : 20 naissances prévues au Mexique)

 

Le lancement d’une telle entreprise commerciale inquiète. Le processus est « trop nouveau », « trop risqué », et il va en outre entrainer une demande accrue de donneuse d’ovocytes. «  C’est de l’expérimentation humaine à très grande échelle », estime Marcy Darnovsky, directrice générale du Centre for Genetics and Society (cf. [Interview de Jacques Testart] La FIV à trois parents ou le retour camouflé du clonage humain,Naissance du premier "bébé à trois parents" : un précédent dangereux et irresponsable).

 

Malgré ces critiques, John Zhang ne souhaite pas s’arrêter là : la prochaine étape consistera à combiner l’édition des gènes, afin de « laisser le choix aux parents de la couleur des cheveux ou des yeux, ou peut-être améliorer le QI de leurs enfants ».


Sources: 

MIT Technology Review, Emily Mullin (13/06/2017)