Journée mondiale des soins palliatifs : le ministère entretient l’ambiguïté


A l’occasion de la prochaine journée mondiale des soins palliatifs, le 14 octobre, le ministère des solidarités et de la Santé a « confirmé son engagement dans ce domaine ainsi que son action pour garantir aux personnes malades une fin de vie digne et apaisée » (cf. Le plan 2015-2018 sur les soins palliatifs progresse).

 

Dans un communiqué, il affirme que « toutes les mesures sont engagées et plus de 50 % déjà réalisées ou en passe de l’être » et rappelle que « la journée mondiale est également l’occasion, pour chacun d’entre nous, malade ou bien-portant, d’anticiper sa fin de vie, d’exprimer ce que l’on souhaite – ou ne souhaite pas – et de s’informer sans attendre d’y être confronté ».

 

Le ministère rappelle que deux campagnes de communication ont été menées. La première en direction des professionnels (cf. Fin de vie : une campagne "pro-choix" ? ), et la seconde, « portée par le centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV) sous la signature ‘La fin de vie : et si on en parlait ?’ (cf. Campagne fin de vie : "Et si on en parlait" ? ) pour promouvoir des droits méconnus comme la rédaction de directives anticipées, la désignation d’une personne de confiance, le recours à la sédation profonde et continue… ».

 

C’est là que le bât blesse. La loi Claeys-Leonetti a ouvert à des pratiques qui n’ont plus de lien avec celles de l'accompagnement de la fin de la vie jusqu’à son terme naturel, entretenant, sous couvert de compassion, une dangereuse ambigüité. En effet, compte tenu notamment de son caractère irréversible, la sédation profonde et continue jusqu’au décès est une euthanasie qui ne dit pas son nom : elle conduit à la mort des patients sédatés, privés d’alimentation et d’hydratation. Assimiler cette fin de vie à un soin est une perfidie dommageable et une pente glissante vers la légalisation pure et simple de l’euthanasie ou du suicide assisté.

 

Pour aller plus loin :

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