Jean Leonetti balaie les débats suscités par sa proposition de loi devant les professionnels de soins palliatifs


Ce matin, une centaine de professionnels de santé se retrouvaient à l’occasion d’une journée d’échange sur les soins palliatifs organisée à la faculté de médecine Paris sud (Kremlin Bicêtre)  par les équipes mobiles de soins palliatifs du groupe hospitalier. Jean Leonetti est intervenu à cette occasion sur les questions que suscitent sa proposition de loi rédigée avec Alain Claeys.

 

Devant un public acquis, il est revenu longuement sur le « droit à la sédation profonde et continue », mesure phare de ce nouveau texte sur la fin de vie.  Se positionnant en tant que patient, il interroge : « Je demande de dormir pour ne pas souffrir avant de mourir : c’est un droit. Est ce un scandale ? » Il précise que le texte de loi s’inspire largement des recommandations de la SFAP  et de la HAS , « rien n’est inventé », rassure-t-il, « tout est copié », jusqu’au vocabulaire qui est emprunté au code de déontologie.

 

Il se veut également rassurant sur la place des soignants : deux critères médicaux sont à évaluer avant la mise en place d’une sédation profonde et continue : le « pronostic vital engagé à court terme », et la souffrance « réfractaire au traitement mis en place ». Ces deux critères relèvent du jugement médical appuie-t-il.

 

Il insiste et « veux balayer l’idée que c’est une hypocrisie ou une ambiguité ». Il ne souhaite pas s’interroger sur le fait que la sédation profonde et continue « peut accélérer la mort », puisque « ce n’est pas l’intention première ». Il coupe court aux éventuelles questions : « Ce débat ne vaut rien ». En tant que médecin, « mon seul devoir est de faire en sorte que cette fin de vie soit sereine, apaisée, sans souffrance ». Nul besoin de « se torturer l’esprit », insiste-t-il.

 

Comme à chacune de ses interventions, il ne peut s’empêcher d’évoquer la situation de Vincent Lambert, sans le citer ouvertement : « On peut arrêter les traitements de survie, même quand on est pas en fin de vie ». S’adressant à des professionnels de soins palliatifs, il prend bien garde de préciser : « Oui, un homme sans cerveau est digne, c’est une personne humaine, pour autant je ne dois pas prolonger sa vie ».

 

Enfin, sûr de lui, il « balaye » les débats suscités par sa proposition de loi, en faisant le parallèle avec les débats autour de la loi de 2005 : « Il y avait déjà à l’époque ceux qui pensait que la loi allait trop loin ou pas assez, ceux qui n’avaient pas lu la loi et en disait du mal ».

 

La proposition de loi Claeys-Leonetti a été adoptée en deuxième lecture à l’Assemblée Nationale la semaine dernière. Jean Leonetti s’est dit soulagé que l’Assemblée nationale ait le dernier mot sur le vote de ce texte, après un second passage, à venir, au Sénat puis en commission mixte paritaire.