Japon : Suspension du premier essai clinique utilisant des cellules iPS



Le premier et unique essai clinique utilisant des cellules iPS (cf. Gènéthique du 1er juin 2009) a été suspendu au début de l’été. Il avait été lancé en 2014 au Japon et visait le traitement de la DMLA, Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age, première cause de cécité chez les personnes âgées de plus de 55 ans dans les pays industrialisés. Cet essai est dirigé par l’ophtalmologue Masayo Takahashi (cf. Gènéthique du 12 septembre 2014,  16 septembre 2014, 18 septembre 2014 et 5 décembre 2014).

 

Deux patients sur les six prévus ont été transplantés. Le premier se porte bien et un an après l’opération le Dr Takahashi notait une « amélioration visuelle ». Cependant pour le second patient, les cellules iPS obtenues à partir de ses cellules de peau contenaient des mutations qui n’étaient pas présentent dans les cellules initiales. L’équipe a donc décidé de suspendre temporairement l’étude, afin de déterminer d’où proviennent ces mutations pour éventuellement modifier le déroulement de l’essai. L’équipe considère par exemple la possibilité d’utiliser des cellules iPS allogéniques provenant d’une banque de cellules iPS plutôt que celles du patient.

 

Cette décision démontre « la rigueur et la prudence des chercheurs ».

 

Une autre raison a conduit le Dr Takahashi à stopper temporairement son essai : le Japon est sur le point de modifier l’encadrement de la recherche sur les cellules iPS, ce qui pourrait avoir des conséquences sur l’organisation de son essai.

 

Le Japon demeure pionnier en matière d’iPS. Il disposera d’un centre de recherche spécialisé en 2019 qui sera dirigé par le Professeur Yamanaka, prix nobel pour sa découverte des cellules iPS en 2012. Un autre essai clinique est prévu pour 2016, visant le traitement de patients atteints de la maladie de Parkinson (cf. Gènéthique du 17 mars 2014).


Sources: 

ipscell.com (03/08/2015) ; New Scientist (31/07/2015)