Italie : la Fédération Nationale des médecins réaffirme son opposition au suicide assisté



En Italie, dans le cadre des débats actuels sur la légalisation de l’euthanasie, la Fédération Nationale  des Ordres des Médecins Chirurgiens et des Dentistes (Fnomceo) été auditionnée jeudi devant les commissions pour la justice et les affaires sociales de la Chambre des députés. A cette occasion, la Fnomceo a réaffirmé fermement sa position : « la mort est l’ennemi et le médecin a toujours eu l’interdiction de la provoquer. Si elle est légalisée, l’objection de conscience devra être prévue ». A cette occasion, la Fédération a rendu public un document élaboré en mars par le Comité National d’Ethique indiquant que « le droit du médecin d’agir conformément à la clause de conscience (…) dans les moments critiques de son existences, à la protection de la vie et de la dignité  de la personne à qui il est confié ne peut être contourné ».

 

Pierantonio Muzzetto, coordinateur du Conseil d'éthique de la Fnomceo, s’est exprimé au nom de tous les médecins de la fédération en ces mots : « depuis des millénaires, la profession de médecin suit un paradigme qui interdit la mort du patient, a-t-il rappelé. (…) Les médecins ont toujours considéré la mort comme un ennemi et la maladie comme une anomalie à guérir : on n'a jamais pensé que la mort pourrait devenir un allié, qu'elle pourrait résoudre la souffrance de la personne. (…) Les répercussions ne concernent pas seulement les médecins et les autres professions de santé : le mécanisme qui conduit à accompagner une personne au suicide implique l'ensemble de la société. »

 

« Il faut attribuer au médecin le rôle de celui qui protège les sujets les plus fragiles. L'interdiction de favoriser ou de procurer la mort a toujours protégé la profession médicale et les citoyens, comme l'histoire l'enseigne. La Fnomceo rappelle que les principes de notre Code concernent tout l'exercice de la profession et que le principe qui l'a dicté reste valable. »

 

« Le Code de déontologie médicale, dans sa formulation actuelle, empêche le médecin d'accomplir et/ou d'encourager des actes visant à causer la mort du patient, a-t-il conclu. En même temps, il exige que le médecin respecte la dignité du patient », notamment en ayant recours aux soins palliatifs et aux techniques anti douleur modernes : « nous devons mieux appliquer ces thérapies, qui peuvent être le meilleur outil pour éviter de porter atteinte à la dignité des personnes et de prévenir les demandes de suicide ».

 

Pour aller plus loin :

Les médecins italiens invités par l’Ordre à ne pas pratiquer d’euthanasie en cas de dépénalisation

Euthanasie en Italie : un projet de loi débattu à la chambre des députés

Enquête sur le suicide assisté d'un italien en Suisse

Fin de vie : le suicide assisté d'un DJ en Suisse influencera-t-il les prochains débats du Parlement italien ?