Italie : Face aux demandes d’IVG, les objecteurs de conscience sont de plus en plus nombreux


Le 8 mars dernier, ARTE diffusait un reportage sur les objecteurs de conscience à l’avortement, en Italie. La journaliste suivait le travail d’une gynécologue, Lisa Canitano, engagée dans l’association « Vita di Donna » (Vie de Femmes) qui pratique l’avortement dans un centre du Planning Familial. Elle tente de contrer la généralisation de l’objection de conscience en assurant une permanence téléphonique qui oriente les femmes souhaitant recourir à l’IVG, et par son exercice quotidien.

 

L’avortement chirurgical en Italie est légal depuis 1978, et l’avortement médicamenteux depuis 2009. L'objection de conscience est autorisée par la loi 194 de 1978 pour le personnel médical impliqué. Par ailleurs la pilule du lendemain est disponible en officine depuis 2000, mais les pharmaciens peuvent refuser de la délivrer.

 

Aujourd’hui, les chiffres du ministère de la santé montrent qu’en moyenne, 70% des gynécologues sont objecteurs de conscience. Ce chiffre atteindrait 80 à 90% dans certaines régions. « 14 hôpitaux sur 30 ou 35 grosso modo ne font pas d’IVG », estime Lisa Canitano. Pour la présidente de l’association « Laiga » (l’Association libre des gynécologues favorables à l’avortement) : « On risque d’arriver à un stade où en Italie, il y a une loi écrite mais aucune citoyenne italienne ne pourra l’utiliser faute de personnel médical ». Le reportage mentionne par ailleurs que « la pilule du lendemain est difficile à trouver ». Lisa Canitano explique ces chiffres : « Les médecins qui se sont battus pour le droit à l’avortement à la fin des années 70 prennent leur retraite, et la relève ne semble  pas assurée ».

 

Cette généralisation de l’objection de conscience est fortement critiquée. L'argument, déjà évoqué depuis plusieurs années (cf. Généthique du 3 juin 2013), considère que cette attitude entraine une augmentation des avortements clandestins et des avortements à l’étranger.

 

Les deux associations Vita di Donna et Laiga militent auprès du gouvernement pour limiter le recours à l’objection de conscience.

Le président de l’association des gynécologues catholiques quant à lui estime que « même si le nombre d’objecteurs augmente les non objecteurs sont tout à fait capable d’absorber le volume de la demande ». Le recours croissant à l’objection de conscience s’explique selon lui par « les avancées de la science et le fait que les médecins seraient désormais plus conscient du lien entre la mère et le fœtus ».