Intelligence artificielle en santé : 78 % des patients refuseraient des interventions automatisées



Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature le 14 juin dernier, 78 % des patients interrogés sur leur « volonté d'adopter ou de rejeter quatre outils basés sur l'intelligence artificielle » refuseraient les interventions automatisées « sans contrôle humain ».

 

Quatre outils étaient proposés : la « détection de cancer de la peau par analyse de photographies », les « capteurs connectés permettant la détection en temps réel de l'aggravation de maladies chroniques », une « chemise connectée pour piloter des soins de kinésithérapie » et un « robot conversationnel permettant d'aider les patients à déterminer le niveau d'urgence de leur problème de santé ».

 

Sur les 1 200 patients suivis pour des maladies chroniques telles que le diabète, la dépression ou encore des pathologies cardiaques :

 

  • 35% ont déclaré qu'ils refuseraient « au moins l'un » de ces outils,
  • 41% ne les adopteraient « qu'à la condition que leur utilisation soit contrôlée par un être humain »,
  • 22% accepteraient « certaines » de ces interventions « sans contrôle humain »,
  • 3% seulement des patients accepteraient une « automatisation complète des quatre interventions présentées ».

 

Par ailleurs, 47% voient l'intelligence artificielle et les objets connectés comme « une grande opportunité de progrès pour leur santé ». Les « bénéfices potentiels » les plus cités sont l’ « amélioration du suivi et de la réactivité des soins », la réduction du « fardeau de leur traitement » et la facilitation du « travail des soignants ». A l’inverse, les dangers les plus cités sont un « remplacement inapproprié de l'intelligence humaine », des « risques importants de piratage » des données et un « mauvais usage des données de santé par des tiers » tels que les assurances.

 

Les auteurs concluent sur l’importance de « prendre en compte les perceptions et les besoins des patients », pour « tirer le meilleur parti de la technologie sans remettre en cause la relation humaine dans l'acte médical, créer un fardeau supplémentaire ou s'immiscer dans la vie des patients ».

 

Pour aller plus loin :

Intelligence artificielle : la conquête d’un marché du corps humain

Faut-il avoir peur du Big Data ?


Sources: 

Sciences et avenir (14/06/2019) - Capteurs connectés, intelligence artificielle : pas de consultation sans médecin, disent les patients