Greffe d’utérus à partir d’une donneuse décédée : une première naissance au Brésil



Suite à la greffe d’utérus provenant d’une donneuse décédée, un premier enfant est né au Brésil l’année dernière. L’étude est publiée aujourd’hui dans la revue The Lancet. L’hôpital universitaire de Sao Paulo, où a eu lieu la greffe, déclare que la petite fille va bien ainsi que sa mère.

 

La transplantation a eu lieu en septembre 2016. La receveuse avait alors 32 ans et était née sans utérus. La donneuse âgée de 45 ans était décédée d’un AVC, et a été prélevée de plusieurs organes. Pour la receveuse, l’opération, qui a duré 10h30, a été suivie d’un traitement immunosuppresseur. Cinq mois plus tard, la patiente avait un cycle régulier. Aussi, sept mois après la greffe, un embryon fécondé in vitro a été implanté et l’enfant est né le 15 décembre 2017, par césarienne. L’utérus a été retiré au moment de la césarienne « de façon à arrêter le traitement immunosuppresseur, très lourd ».

 

Si d’autres enfants sont nés d’une greffe d’utérus dans le monde, il s’agissait jusque-là de greffes à partir de donneuses vivantes, les autres ayant échoué[1]. Ainsi depuis 2013, 39 transplantations ont été pratiquées dans le monde, et 11 ont été suivies d’une naissance. Le Docteur Dani Ejzenberg qui a dirigé l’étude brésilienne estime que « cette démonstration réussie présente plusieurs avantages par rapport à la greffe à partir de donneur vivant : elle s'appuie sur un réservoir de donneurs potentiels plus vaste, coûte moins cher et évite les risques pour le donneur vivant ». En outre, elle « ouvre la voie au don d'utérus post-mortem, comme c'est le cas pour d'autres organes ». Les auteurs imaginent utiliser le même système de régulation du don post mortem que pour les autres organes.

 

Pour aller plus loin :

 

 


[1] « La seule grossesse survenue après une greffe d'utérus prélevé post-mortem date de 2011 en Turquie et s'était soldée par une fausse couche ».


Sources: 

AFP (05/12/2018)