Fin de vie : « Toute vie mérite d’être vécue »



Tétraplégique depuis trente-trois ans à la suite d’un « accident vasculaire foudroyant », Maryannick Pavageau « dégage une autorité naturelle, un élan de sympathie qui annihile aussitôt toute bouffée de compassion ou d’apitoiement ». Cette mère de famille « a su transformer la lourdeur de son handicap en porte-étendard de sa cause et de celle de dizaines d’autres tétraplégiques sur les questions de dignité et de fin de vie ».

 

Angoissée à l’idée que de nouvelles « dérives euthanasiques » puissent émerger et « parce que chaque état peut évoluer », Maryannick a écrit à chacun des candidats à la présidentielle. Et d’interpeller Benoit Hamon qui veut légaliser le droit au suicide assisté : « Avez-vous réfléchi à l’impact désastreux que cela aura sur les personnes particulièrement vulnérables, qui se sentent un fardeau pour la société et pour leurs proches ? Craignez-vous que les français soient incapables de faire ce geste d’amour qui consiste à assister, jour après jour, quelqu’un dont la fin est proche ? ».

 

A la suite de son AVC, Maryannick restera deux mois dans le coma. Deux mois dont elle se souvient « parfaitement » : « son mari qui veille sur elle », l’aumônier d’hôpital qui lui glissera « qu’elle ne mourra pas », et l’infirmière qui la « débranche intempestivement »  - sûrement « un geste compassionnel ».

 

Après avoir subi 32 mois d’hospitalisation, elle retrouvera peu à peu la motricité de son pouce gauche, puis la parole.

 

Aujourd’hui, « à la force de ses deux doigts valides », elle clôture l’interview en écrivant le traditionnel petit mot aux lecteurs du journal : « Toute vie mérite d’être vécue ».


Sources: 

La Croix, Malo Tresca (22,23/04/17)