Euthanasie : débat amorcé sur une proposition de loi à l’Assemblée



Dans un « hémicycle très dégarni », les députés ont débattu jeudi soir d’une proposition de loi du groupe la France Insoumise, qui visait à légaliser le suicide assisté et l’euthanasie. L’examen du texte n’est pas terminé, mais il a « peu de chances de revenir rapidement dans l’hémicycle, puisqu’il faudra en principe attendre la prochaine ‘niche’ réservée aux Insoumis ». Il a fait l’objet d’une motion portée par le groupe LREM, visant à le renvoyer en Commission.

 

Caroline Fiat, rapporteur du texte et aide-soignante de formation, « a déploré qu’on repousse ad vitam aeternam une avancée fortement attendue et même plébiscitée par nos concitoyens ». Mais pour le ministre de la santé, Agnès Buzyn « sur un tel sujet intime, complexe, les avis sont toujours divers ». Elle estime que « la loi Claeys Leonetti de 2016[1] ‘renforce incontestablement les droits des patients’ et est une ‘avancée pour ne pas s’acharner à soigner ‘ ». Elle « ne souhaite pas qu’une nouvelle loi interfère avec la mission d’évaluation de la mise en œuvre de la loi [Claeys-Leonettti] ». Sur le fond de la proposition de loi LFI, elle a souligné « le risque d’ouvrir la voie à une euthanasie arbitraire » en autorisant l’euthanasie « y compris lorsque la maladie est grave même si elle est curable ».

 

Jean-Louis Touraine, député LREM également auteur d’une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie[2], estime qu’il « n’est plus possible avant quelques mois » de « voter de telles mesures », alors que « des concertations multiples sont en cours ». Il vient par ailleurs d’être nommé président du groupe d’études de l’Assemblée nationale sur la fin de vie[3].

 

Sébastien Chenu du groupe FN a de son côté déclaré : « Je le reconnais, pour gérer la fin de vie, l’euthanasie est plus simple et moins coûteuse, mais promouvoir cette solution de facilité est-ce là ce qui donne un sens à notre société ? »

 

Note Gènéthique :

 


Sources: 

AFP (2/02/2018)