Euthanasie au Québec : un "geste faussement qualifié de soin" qui "impacte le médecin qui le pratique"



Lors du Congrès mondial sur les soins palliatifs à Montréal en octobre dernier, plusieurs intervenants ont partagé de leur inquiétude concernant l'avenir des soins palliatifs au Québec. Car pour beaucoup, l’arrivée de l’euthanasie, dépénalisée le 5 juin 2014, expose le milieu des soins palliatifs à un risque de « fracture et d’implosion » (cf. Aide à mourir au Québec : des médecins objectent).

 

Au Québec, les demandes d’euthanasie étant plus nombreuses que prévues, plusieurs hôpitaux se trouvent démunis face aux patients désireux d’en finir. Début novembre, les médecins d’un hôpital de Montréal ont reçu une lettre de la Direction des services professionnels, dans laquelle on leur faisait part du « besoin de médecins supplémentaires pour l’aide médicale à mourir » (cf. Québec : "l'aide médicale à mourir" en pleine explosion).

 

Ainsi, pour dénoncer cette pression sur les soignants, plus de 35 médecins généralistes et spécialistes, dont le Dr Nicholas Newman, ont fait paraître une tribune dans la presse, rappelant que « l’euthanasie ne sera jamais un geste banal, bien que beaucoup d’efforts soient déployés pour en faire une  ‘procédure’ socialement acceptable. (…) Ce geste faussement qualifié de ‘soin’ réside dans la gravité de son impact sur le médecin qui le pratique. En conclusion, nous, les médecins soussignés, tenons à réaffirmer que nous ne participerons pas à ce drame social qui ne fait qu’ajouter de la souffrance à la souffrance. Nous sommes toujours d’avis que la réponse passe par des soins de qualité, par un plus large accès à des soins palliatifs et par un accompagnement humain, respectueux de la personne » (cf. Québec : Un « acharnement suspect » sur les médecins palliativistes qui révèle « la nature idéologique du combat pour l’euthanasie »).


Sources: 

Institut européen de bioéthique (15/12/2016)