Etats-Unis : Création d’embryons chimères homme-mouton



Des scientifiques américains ont annoncé avoir créé des embryons de moutons contenant des cellules humaines. Ces embryons chimères sont l’objet de recherche car ils pourraient devenir une source d’organes humains en vue de transplantations. Le but est de pallier la pénurie de donneurs d’organes, mais aussi d’adapter génétiquement les organes au receveur et ainsi d’éviter les rejets. L’annonce a été faite par l’équipe de Pablo Ross, lors d’une réunion de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS) au Texas.

 

Cette même équipe avait déjà mené des études similaires sur des embryons de porcs[1], développés durant 28 jours ; ces chimères contenaient une cellule humaine sur 100 000. Dans les embryons de mouton, les chercheurs ont atteint un ratio plus important : « environ une cellule sur 10 000 était humaine ». Les embryons ont été développés 7 jours in vitro puis 21 jours in vivo, chez le mouton. Certains chercheurs plaident pour mener des expériences à plus long terme, en commençant par 70 jours. Mais Pablo Ross estime pour sa part qu’environ 1% des cellules de l’embryon devraient être humaines pour obtenir des résultats, ce qui nécessite au préalable d’autres recherches in vitro.

 

Pour obtenir ces chimères, les chercheurs ont utilisé l’édition du génome, bloquant le développement du pancréas dans les embryons de mouton. L’idée est que les cellules souches humaines introduites ensuite se développent à la place de l’organe manquant. Les embryons de mouton présentent plusieurs « avantages », explique Pablo Ross : ils peuvent facilement être produits par FIV[2] et moins d’embryons doivent être implantés chez la « mère porteuse », nécessitant donc d’en créer moins. « Pour un porc, nous transférons généralement cinquante embryons. Avec le mouton, nous n’en transférons que quatre ». Certains organes des ovins (cœur, poumons) sont également plus ressemblants aux organes humains, permettant la formation d’organes de la bonne taille. Les porcs ont d’autres avantages : vitesse de croissance des organes, portées plus nombreuses.

 

Face aux inquiétudes soulevées quant à la possible migration de cellules humaines vers le cerveau des animaux, Pablo Ross assure qu’il stoppera les recherches s’il fait de telles observations. D’autres problèmes pourraient voir le jour avec la transmission de virus aux cellules humaines, entrainant un rejet des greffes. L’édition du génome semble être la solution pour développer des porcelets exempts de tels virus.

 

 

[1] Fabriquer des organes humains dans des porcs ou des moutons, fiction ou réalité ?

Aux Etats-Unis, les recherches se poursuivent sur les embryons-chimères

[2] Fécondation in vitro.


Sources: 

The Guardian, Nicolas Davis (17/02/2018)