En Suisse, la loi sur la transplantation modifie les conditions du diagnostic de la mort



Mercredi 15 novembre en Suisse, la loi sur la transplantation a modifié les directives de l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM) sur le « Diagnostic de la mort en vue de la transplantation d’organes et préparation du prélèvement d’organes » : la déclaration de la mort par arrêt cardiaque du patient est désormais réduite à 5 minutes contre 10 précédemment. Une décision « importante pour les transplantations », qui « attise les critiques ».

 

Plusieurs organisations[1] ont en effet adressé une lettre au Conseil fédéral pour manifester leur inquiétude avançant que « la diminution par deux du temps d'attente va bouleverser la confiance de la population concernant les règlements de dons d'organes ». Le prélèvement d’organes peut être pratiqué en cas de mort cérébrale mais également après un arrêt cardiaque. Selon eux « seule la défaillance irréversible de toutes les fonctions du cerveau est le critère de mort d’une personne ». Si des « lésions irréversibles du cerveau se produisent cinq minutes après un arrêt cardiaque », une partie des cellules cérébrales « survivent jusqu'à dix minutes ou plus longtemps encore ».

 

Les signataires demandent au Conseil fédéral « de n'autoriser l'entrée en vigueur de la loi sur les transplantations » que lorsque l’ASSM aura modifié « ses directives sur ce point controversé ».

 

De son côté, l’Académie suisse justifie la réduction du temps « d’attente pour établir le constat de décès » par l’amélioration des « outils de diagnostic » : le décès est constaté par échocardiographie, et par « la prise de pouls ». Il est ensuite certifié par ultra-sons que « le cerveau n’est plus irrigué en oxygène ». Selon Jürg Steiger, spécialiste des transplantations à l'Hôpital universitaire de Bâle et Président de la commission d'éthique de l'ASSM : « Sans oxygène, la mort des cellules neurologiques intervient en moins de cinq minutes ».

 

 

 

[1] La Société hippocratique suisse, Human Life International Suisse, la Société suisse de bioéthique et l'Association des médecins catholiques suisses.


Sources: 

20 minutes Suisse (06/11/2017) ; ARC Info Suisse (06/11/2017)