« En Rouge et noir » : un roman pour « affiner son point de vue sur la GPA »


« En Rouge et noir » : Aude Mirkovic, Maître de conférences en droit privé, publie un roman sur fond de lutte contre la GPA. Elle revient pour Gènéthique sur les raisons qui l’ont conduites à écrire ce livre.

 

Gènéthique : Qu’est-ce qui vous a mené à l’écriture de ce roman ?

Aude Mirkovic : J’avais envie de me distraire entre deux commentaires juridiques… J’aime beaucoup le droit, mais ce n’est pas particulièrement distrayant. En plus, l’évolution de la loi comme de la jurisprudence a quelque chose d’assez inquiétant : les lois sont mal faites, sans étude d’impact, avec un amateurisme problématique. Par exemple, la loi instaure le changement de sexe sur simple demande ou presque sans rien prévoir en matière de filiation[1], alors que des personnes désormais répertoriées comme hommes à l’état civil vont pouvoir mettre des enfants au monde puisqu’elles auront gardé leur corps de femme… La Cour de cassation et le Conseil d’Etat se permettent d’écarter la loi lorsqu’elle leur paraît inappropriée… Ainsi, alors que la loi française interdit de concevoir un enfant par PMA après le décès du père, le Conseil d’Etat autorise une veuve à récupérer les gamètes congelés de son mari pour aller se faire inséminer en Espagne, et concevoir ainsi un orphelin, tout cela parce que la loi française porterait atteinte à sa vie privée[2]… Je demeure avant tout une juriste mais les déceptions apportées par le droit ces derniers temps m’ont aussi poussée à me lancer dans l’aventure de ce roman. Et cela m’a énormément plu !

 

G : L’histoire est-elle inspirée de votre témoignage personnel ?

AM : Je me suis inspirée de faits réels, et en particulier des plaintes déposées par l’association Juristes pour l’enfance contre des sociétés américaines de gestation pour autrui qui viennent en France proposer aux Français de réaliser des GPA aux Etats-Unis[3]. Ces plaintes ont été déposées depuis quatre ans et n’ont encore donné lieu à aucune poursuite, alors que les faits sont de notoriété publique et sanctionnés par le code pénal. J’ai choisi le milieu de la fac et du barreau, que je connais bien, ce qui me permet, je pense, d’écrire mon histoire de façon juste et crédible. Pour autant, c’est un roman, et je me suis sentie totalement libre par rapport aux faits ou aux personnes qui ont pu m’inspirer. Aucun personnage du roman ne reflète une personne réelle : chacun est un mélange d’inspiration et surtout d’imagination et d’invention pure. D’ailleurs, dans le roman, la procédure se déroule en un an, procès compris, alors que, dans la réalité, il ne s’est encore rien passé de concret depuis quatre ans…

 

G : Quel message voulez-vous faire passer, quel est votre objectif ?

AM : Mon objectif numéro un est d’offrir au lecteur un moment de détente : j’ai voulu écrire un livre avec lequel passer une bonne soirée, sans perdre son temps ou le refermer à moitié déprimé. C’est ce que j’attends avant tout d’un roman : passer un bon moment. Si, en plus, un roman donne l’occasion d’affiner son point de vue sur tel ou tel point, la GPA en l’occurrence, si en le refermant on a le moral regonflé et l’envie de faire quelque chose d’utile de ses journées, tant mieux, bien entendu ! Et j’espère que mon roman apporte au lecteur un petit peu de tout cela.

 

G : A quel public vous adressez vous ?

AM : Le livre s’adresse à tout le monde. Je n’ai pas de public particulier. C’est un roman, pas un livre pour spécialistes de quoi que ce soit. On peut l’offrir aux jeunes à partir du lycée, et ensuite cela se lit sans limitation aucune ! D’ailleurs, les premiers lecteurs sont très variés : tous âges, toutes professions. Il n’est pas toujours facile de trouver un livre distrayant mais aussi intelligent à offrir. Visiblement « En Rouge et Noir » fait l’affaire, car beaucoup de lecteurs me disent, sur Facebook notamment, qu’ils vont en acheter un autre exemplaire pour l’offrir qui à sa mère, son neveu, son filleul...

 

Il est possible de commander directement le livre chez l’éditeur, les éditions scholae (www.editionscholae.com), sur amazon ou dans votre librairie favorite !

 

[1] Cf. Le Parlement valide la simplification du changement de sexe à l’état civil

[2] Cf. Insémination port-mortem : Peut-on revendiquer un "droit d'être parent biologique" ?

[3] Cf. "Juristes pour l’enfance" persévère dans la lutte contre les sociétés de GPA américaines en France