En Italie, le Conseil de l'ordre des médecins lève les sanctions attachées à l'aide médicale à mourir



En Italie, en septembre dernier, la Cour constitutionnelle a considéré que « le suicide assisté pouvait être licite en Italie » à condition « que le patient soit consentant, atteint d’une pathologie irréversible provoquant des souffrances insoutenables et qu’un comité d’éthique médical local ait vérifié ses conditions et les modalités d’exécution de l’aide médicale à mourir » (cf. Italie : la Cour constitutionnelle estime licite l’euthanasie alors que la loi la punit ). Elle jugeait le cas d’un responsable du Parti radical accusé d’avoir accompagné un italien tétraplégique et aveugle des suites d’un accident de la route (cf. Enquête sur le suicide assisté d'un italien en Suisse ).

 

Aujourd’hui, le président de l’ordre des médecins italiens, le docteur Filippo Anelli, explique que l’association a décidé de modifier le code de déontologie médicale pour ne plus sanctionner les médecins qui pratiqueront d’aide médicale à mourir afin « d’aligner les procédures disciplinaires sur les sanctions pénales afin de laisser à nos confrères la possibilité d’agir selon leur conscience et en fonction de la loi mais tout en réaffirmant les principes inscrits dans l’article 17 de notre code de déontologie selon lesquels un médecin ne peut pas administrer une aide pouvant provoquer la mort même si le patient le demande ». Il estime que cette décision était « incontournable après un tel verdict ». Cependant, l’exercice pourrait relever de la quadrature du cercle « la ligne de démarcation étant pour le moins extrêmement subtile » : « Il faudra vérifier que toutes les conditions évoquées par la Cour constitutionnelle sont réunies car dans ce cas, le praticien ne pourra pas être sanctionné, ce système nous permettra de protéger la liberté de conscience des médecins, le principe d’autodétermination du patient et l’autonomie des Ordres régionaux », explique le médecin.

 

L’annonce a fait l’objet d’une réaction de l’Association des médecins catholiques italiens (AMCI) qui estime que « le code de déontologie ne peut pas être changé, même si le parlement modifie la loi actuellement en vigueur » et évoque « la possibilité pour ses adhérents d’exercer leur droit à l’objection de conscience, comme dans le cas de l’IVG ».

 

Pour aller plus loin :


Sources: 

Marianne, Ariel F. Dumont (11/02/2020)