En Argentine, les sénateurs refusent de légaliser l’avortement



En Argentine, les sénateurs ont rejeté jeudi la loi visant à légaliser l'avortement alors que le projet de loi avait été approuvé par les députés en juin (cf. En Argentine, la Chambre des députés engage un projet de loi ambitieux sur l'avortement dans un contexte délétère et En Argentine, le projet de loi sur l’avortement a été transmis au Sénat). Le texte prévoyait l’autorisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pendant les 14 premières semaines de la grossesse.

 

Selon les résultats officiels, trente-huit sénateurs ont voté « non », trente-et-un « oui », deux se sont abstenus.

 

Quelques heures après le refus par le Sénat du projet de loi, le Gouvernement argentin a annoncé que des efforts allaient être faits en matière de prévention. Le chef de l'État a fait savoir que l'éducation sexuelle serait renforcée dans les écoles. Elle y est théoriquement prévue, mais n'est pas dispensée.

 

Le chef du gouvernement, Marcos Pena, a réaffirmé que le débat parlementaire se poursuivrait.

 

Le 21 août, l'exécutif proposera au Parlement une réforme du code pénal qui pourrait conduire à dépénaliser l'avortement. Aujourd'hui en Argentine, une femme qui avorte est passible d'emprisonnement.

 

L'évêque Alberto Bochatey, chef de file de la mobilisation anti-IVG pour l'Eglise a, quant à lui, déclaré : « Il n'y a ni vainqueur, ni vaincu. Ce vote du Sénat nous donne un temps de réflexion pour faire des propositions humanistes dans le cadre de grossesses de femmes en difficulté ». Il a appelé au remplacement « des vieilles propositions de mort de 20ème siècle par des propositions du 21ème siècle », et qualifié de « moderne » la position du mouvement anti-avortement, considérant les pratiques abortives comme « de vieilles lois du siècle passé ».

 


Sources: 

AFP (09/08/2018)