Elle refuse d'avorter : on l'accuse d'être « inhumaine »



A Washington, une jeune femme de 27 ans, Hannah Morris, a donné naissance il y a quelques mois à des jumeaux. On l’accuse d’être « inhumaine » pour avoir refusé d’avorter, la jeune maman raconte son expérience.

 

A seulement 16 semaines de grossesse, Hannah Morris a perdu les eaux suite à une infection à E.coli. Les médecins lui ont alors déclaré qu’il y avait « 100 % de chances que ses bébés ne survivent pas » ou naissent handicapés. Comme seule solution, ils lui proposent un médicament pour provoquer le travail. La jeune maman raconte avoir réagi d’« instinct ». « J'ai dit que si je devais les perdre, je les perdrais naturellement et je laisserais la nature suivre son cours », explique-t-elle. A l’hôpital, on la laisse seule dans une pièce durant 48 heures, à attendre une fausse couche. « Pas un seul médecin, infirmière, ni aucun professionnel de la santé n’est venu », explique-t-elle. Pourtant, après deux jours, une analyse révèle que les deux bébés sont en bonne santé. 

 

Lors du rendez-vous de suivi une semaine plus tard, un médecin met en place un protocole de soins tout en l’avertissant que si elle atteignait  « 24 semaines, délai de viabilité, les membres (des bébés) seraient collés à leurs corps ». D’autres médecins ont tenté de la dissuader de garder ses enfants. Ils lui ont prédit « que leurs poumons ne se développeraient pas, ni leurs reins », ajoutant que ne pas avorter était « incroyablement inhumain et la pire chose à faire ».

 

Hannah Morris choisit de rester alitée et boit jusqu'à huit litres d'eau par jour pour maintenir des réserves suffisantes. Chaque semaine, malgré les avis négatifs répétés du corps médical, elle et son mari se rassurent : l’« analyse montre que les bébés sont en bonne santé »

 

Contre toute attente, Hannah Morris atteint les 34 semaines et donne naissance par césarienne à George et Alfie. « Bien qu’Alfie soit né avec des trous dans le cœur et que George ait un système immunitaire affaibli en raison de sa naissance prématurée », les deux enfants âgés de quelques mois sont maintenant en pleine forme. Hannah Morris réclame à présent une « meilleure formation des médecins et une sensibilisation du public sur les complications de la grossesse ». « Trop souvent, déplore Ciara Curran, fondatrice de Little Heartbeats, on dit (aux parents) qu'il n'y a pas d'espoir et que leur seule option est de mettre fin à leur vie, mais les bébés peuvent survivre et survivent à cela ».