Don d’organes : vers un revirement éthique de Marisol Touraine ?



Marisol Touraine déclarait ce matin à l’antenne de RTL : "Je veux le dire très clairement (…) il n’est pas question de prélever sans s’assurer du consentement de la personne et sans discuter avec les familles". Des propos qui réfutent la "nationalisation des cadavres" dénoncée hier par Bernard Debré dans une tribune du Figaro.

 

Pourtant le projet de loi santé voté hier par l’Assemblée Nationale prévoit bel et bien que "la famille ne donnera plus son accord mais sera simplement «informée» des prélèvements" (cf. Synthèse Gènéthique du 13 avril 2015). La loi santé doit institutionnaliser le consentement comme "effectivement présumé" chez toute personne majeure décédée. Légalement la famille et les proches n’auront donc plus à être consultés, ni interrogés pour savoir si un prélèvement en vue d’une greffe peut être pratiqué sur le corps du défunt. "Seules les personnes qui, de leur vivant, auront manifesté explicitement leur opposition seront exclues de ce dispositif automatique".

 

La ministre rappelle "que la loi votée ne change rien puisque le consentement présumé existe depuis la loi Cavaillet", et elle ajoute "que c’est un peu plus compliqué : cette loi n’a jamais été vraiment appliquée (...) et qu’il faut lutter contre la pénurie et donc contre le refus des prélèvements…"

 

"C’est assez confus » conclue Jean Yves Nau. Seule certitude, "l’ouverture d’une concertation pour réduire le nombre des refus de prélèvements". "Malheureusement la concertation est, ici aussi, bien mal partie". Le Pr Bruno Riou responsable de la coordination des prélèvements à la Pitié-Salpêtrière, déplorait que "concernant le texte de loi, il disait ses regrets quant à l’absence de concertation avec les professionnels du sujet".

 


Sources: 

Blog de Jean-Yves Nau(15/04/2015); Le Figaro.fr(15/04/2015)