Don d’organes suite à une euthanasie : le Canada s’interroge



Récemment légalisée au Canada, l’euthanasie est aujourd’hui envisagée en parallèle des dons d’organes. Les bioéthiciens québécois ont en effet publié en décembre un article dans le Journal of Medical Ethics, plaidant pour réaliser des prélèvements d’organes sur les personnes euthanasiées.

 

Pour les deux auteurs, Julie Allard et Marie-Chantal Fortin, bioéthiciens de l'Université de Montréal, « l’aide médicale à mourir peut fournir une autre source d’organes pour la transplantation. (…) Le don d'organe après aide médicale à mourir serait éthiquement acceptable si le patient qui a donné son accord pour le prélèvement est apte et ne subit aucune pression extérieure pour choisir l’aide médicale à mourir ou le don d'organes ». Elles soutiennent que la décision de faire un don doit être distincte de celle d’être euthanasiée. Elles reconnaissent toutefois qu’il pourrait y avoir des « complications éthiques » et qu’il sera « difficile de démêler les motivations des patients pour demander l’aide médicale à mourir » : des patients pourraient avoir le sentiment d’être un fardeau et ne se sentiraient utiles qu’en faisant don de leurs organes.

 

Transplant Québec soutient la même position, ainsi qu’un comité d’éthique du gouvernement québécois. Selon ce dernier, « considérant qu'une demande d'aide médicale à mourir est un droit, que le don d'organe est socialement acceptable et que c'est une demande expresse du patient, et considérant que le comité a toujours félicité le don d’organes, le comité recommande que toutes les institutions responsables mettent en place les conditions nécessaires à la compatibilité de ces deux critères ».

 

En Belgique et au Pays-Bas, ce type de politique existe déjà. Entre 2005 et 2015, 21 belges et 15 hollandais ont fait don de leurs organes à la suite de leur euthanasie

 

Note Gènéthique :

De l'euthanasie pour le don d'organes : Qui arrêtera la machine qui s'est emballée ?


Sources: 

Bioedge, Michael Cook (14/01/2017)