Des ovaires artificiels pour traiter les symptômes de la ménopause… ou l’inverser ?



Des ovaires artificiels pourraient fournir un traitement hormonal substitutif plus sûr pour les femmes à la ménopause[1]. C’est le postulat d’une équipe de l’Institut Wake Forest (Etats-Unis), qui a mené une étude sur le rat[2]. « Le traitement est conçu pour secréter des hormones de manière naturelle en fonction des besoins du corps, plutôt que de faire prendre à la patiente une dose journalière fixe[3] », explique l’auteur principal de l’étude, Emmanuel Opara. Le système pourrait être utilisé par des patientes ayant perdu leur fonction ovarienne suite à une ablation chirurgicale, une chimiothérapie ou la ménopause.

 

Les chercheurs ont utilisé les deux types de cellules qui composent les ovaires, contenues dans une fine capsule. Ces ovaires artificiels ont été implantés chez des rats préalablement amputés de leurs propres ovaires. Une semaine plus tard, ils produisaient les hormones féminines comme l’œstrogène et la progestérone. Pour ces rats, la santé osseuse et utérine s’est révélée meilleure qu’avec un traitement hormonal classique, et la prise de poids a été moindre.

 

Reste à tester ces résultats chez la femme, « ce qui n’est pas susceptible de se produire bientôt », note le MIT, notamment parce que la source des cellules ovariennes est problématique. Emmanuel Opara envisage d’utiliser des cellules ovariennes de donneuses jeunes, la capsule étant conçue pour empêcher le rejet de cellules étrangères. La porte-parole américaine de la société d’endocrinologie, Cynthia Stuenkel, voit pour sa part un inconvénient à la technique, « si elle inversait réellement la ménopause », rétablissant un cycle chez la femme.

 

Pour aller plus loin:

 

 

[1] A la ménopause, les ovaires cessent de fonctionner, entrainant un arrêt des cycles et parfois des symptômes tels que des bouffées de chaleur, des troubles génito-urinaires, des troubles de l’humeur ou des variations pondérales.

[2] In vivo transplantation of 3D encapsulated ovarian constructs in rats corrects abnormalities of ovarian failure, Nature Communications (2017).

[3] Les traitements hormonaux actuels ne sont pas recommandés sur le long terme, en raison du risque accru de maladie cardiaque et de cancer du sein.


Sources: 

Medical Press (5/12/2017); MIT Technology Review, Emily Mullin (5/12/2017)