Des embryons modifiés génétiquement utilisés pour étudier le développement embryonnaire



A Londres, Kathy Niakan et son équipe de l’Institut Francis Crick ont mené une étude expérimentale sur le développement embryonnaire avec la technologie CRISPR-cas9. Une recherche menée sur « 60 embryons congelés » dont « l’utilisation » était initialement prévue dans le cadre d’une insémination artificielle. « Condamnés à être détruits », ils ont été donnés à la science par les parents.

 

Ces embryons ont été étudiés « à partir de leur premier stade de développement cellulaire » en analysant le rôle dans le développement d’un gêne particulier, « le gène OCT4 ». En utilisant CRISPR-cas9, « le brin concerné » a été sectionné pour « observer le développement [de l’embryon] une semaine durant ».

 

Ce gène aurait un rôle dans le développement embryonnaire « notamment lorsque l’embryon rentre dans le blastocyste », « un des premiers stades embryonnaires s’établissant après les sept premiers jours des premiers jours de développement ». Les embryons dont le gène OCT4 avait été retiré « n’ont pas pu atteindre cette phase de développement ».

 

Le but affiché de l’étude était de « justifier le non-aboutissement de certaines inséminations artificielles » : sur cent embryons, douze seulement arriveraient à terme. Mais « pour la première fois, des embryons viables ont été génétiquement modifiés afin d’identifier les gènes clés indispensables à leur développement ». Et l’Autorité de la Fécondation et de l’Embryologie humaine a « débloqué deux nouveaux budgets pour que le groupe de recherche puisse étudier le rôle d’autres gènes ».

 

Pourtant, ces études sont « au cœur d’un débat éthique » : ces nouvelles technologies déjà mises en oeuvre dans un but « thérapeutique », « se retrouvent maintenant utilisées pour acquérir une meilleure connaissance du corps humain ».


Sources: 

Sciencepost, Clémence Rivoire (10/10/2017)