Des associations demandent au premier ministre d’interdire le démarchage commercial de la GPA en France



Le Collectif pour le Respect de la Personne (CoRP), accompagné d’une vingtaine d’autres associations, a publié samedi 12 mai un texte adressé au premier ministre. Il demande d’interdire les pratiques de démarchage commercial faites en France, au mépris de la loi en vigueur, par une entreprise américaine de promotion de la gestation pour autrui (GPA). «Nous souhaitons attirer votre attention sur une situation qui nuit profondément aux droits des femmes et des enfants et qui est en contradiction avec notre législation » expliquent les signataires qui rappellent que la gestation pour autrui, « représente une violence faite aux femmes et aux enfants, comme le montre explicitement l’avis 126 du Comité consultatif national d’éthique (juin 2017) ».

 

« Or, à la veille du débat, à l’Assemblée nationale, de la loi sur les violences sexistes et sexuelles, et alors que la lutte contre les violences faites aux femmes est grande cause nationale, une agence américaine vient faire la promotion de ses services dans diverses villes de France, à travers des conférences gratuites – cocktails. Non seulement cette agence propose la GPA, mais aussi la sélection du sexe de l’enfant, pratique éminemment sexiste et misogyne, elle aussi interdite en France ».

 

Cet appel vient souligner l’importance de la réflexion, alors que le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) doit rendre aux parlementaires son rapport issu des états généraux de la bioéthique début juin. Le CoRP insiste sur les aspects commerciaux et lucratifs de la GPA, ainsi que sur les dérives eugénistes qui lui sont associées ouvrant au choix de l’enfant à naître :

 

« L’organisation de telles manifestations représente un pas de plus vers la banalisation de la pratique et met en évidence l’aspect commercial de la GPA. Il s’agit d’une violence à l’encontre des femmes utilisées comme mères « porteuses », il s’agit d’une violence à l’encontre de l’enfant à naître, violences commandées par contrat et conçues selon des méthodes eugénistes ».


Sources: 

CoRP (12/05/2018), La Croix, Emmanuelle Lucas (13/05/2018)