Dépénalisation de l’IVG : 173 députés réclament la fin de l’exception nord-irlandaise



173 parlementaires Irlandais et britanniques ont co-signé une lettre réclamant la dépénalisation de l’avortement en Irlande du Nord. La lettre est adressée à Theresa May, premier ministre britannique et Leo Varadkar, son homologue irlandais. Elle exige un « calendrier législatif explicite » de dépénalisation. La démarche a été initiée par Stella Creasy, du British Pregnancy Advisory Service, un organisme d’avortements ; cette dernière a déclaré « qu'elle ne voulait pas que les femmes d'Irlande du Nord soient les ‘dommages collatéraux’ de Theresa May », traitées comme des « citoyens de deuxième classe ».

 

Actuellement, en Irlande du Nord, l’avortement n’est possible que lorsque la grossesse présente « un risque sérieux pour sa santé » de la mère, dans tous les autres cas, la vie de l’enfant et la vie de la mère ont égale valeur. Cette loi dépend des législateurs locaux et le Parti Unioniste Démocratique (DUP), actuellement au pouvoir, qui est opposé à la modification de la loi. Sammy Wilson, du DUP, considère que « ce seraient les bébés qui deviendraient des ‘dommages collatéraux’ » si la loi venait à changer.

 

Cependant, la pression est forte : le mois dernier les juges de la Cour Suprême ont déclaré que ces conditions d’accès étaient « incompatibles avec la Convention européenne des droits de l'homme ». Un comité des Nations Unies a également déclaré « que les droits des femmes étaient violés ». Theresa May a jusqu’ici déclaré que cette question relevait exclusivement de l’Assemblée d’Irlande du Nord.

 

Les projecteurs se sont braqués sur l’Irlande du Nord quand en mai dernier le référendum a validé la dépénalisation de l’avortement dans le reste du pays (cf. Référendum irlandais : l’IVG dépénalisé). Il a cependant donné lieu à trois recours contestant sa validité qui ont été déposés peu après l’annonce des résultats (cf. : Avortement en Irlande : le projet de loi retardé ). Les deux premiers viennent d’être rejetés par la Haute Cour, qui a jugé que « les requérants n'avaient pas démontré à première vue des éléments susceptibles d'avoir un effet important sur le résultat du référendum dans son ensemble ».

 

Pour aller plus loin :

Des élus irlandais et britanniques réclament la dépénalisation de l'avortement en Irlande du Nord


Sources: 

BBC (20/07/2018 & 22/07/2018)