Délit d'entrave numérique à l'IVG : "Mal nommer les choses contribue au malheur des femmes"



La proposition de loi sur le délit d'entrave numérique à l'IVG sera examinée le 1er décembre par l’Assemblée nationale. Son objet est d’interdire la diffusion de contenus de sites « se faisant passer pour des sites officiels ou neutres, et cherchant à dissuader les femmes de recourir à l'IVG » (cf. Sans surprise, la Commission des affaires sociales se prononce en faveur du délit d'entrave numérique à l'IVG). Dénonçant ce « dispositif qui empêche quiconque de lever un coin du voile », Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, publie une tribune, analysant les « abus de langage concernant l'avortement » mis en avant sur le site du ministère de la Santé (cf. Délit d'entrave numérique à l'IVG : vers une entrée "dans la police des idées et dans la dictature d’une vision totalitaire" ?).

 

Pour le président de la Fondation Jérôme Lejeune, ce nouveau délit d’entrave part du postulat que « tenter de dissuader de l’avortement serait par principe induire les femmes en erreur », alors même que l’information délivrée par le gouvernement, « clairement de nature incitative », est, elle, « présumée juste ».

 

Or, sur le site du ministère de la Santé, « la description de l’IVG instrumentale se limite à “une aspiration de l’œuf” qui sera suivie d’un contrôle permettant de s’assurer qu’il ne reste pas de “fragments de grossesse” (sic) », explique Jean-Marie Le Méné, qui ajoute : « la grossesse devient un OVNI susceptible d’exploser… en laissant des “fragments de grossesse” ! ». La description de l’IVG médicamenteuse est encore plus laconique : « Pas une seule fois, les termes d’embryon et de fœtus ne sont utilisés, ni ceux qui indiquent qu’on supprime des vies humaines, ce qui n’est pas rien », s'étonne-t-il.

 

Prônant la vérité pour éviter la souffrance, il affirme : « Les mots aussi sont avortés. Le fait de renoncer volontairement au vocabulaire dédié, mal nommer les choses, contribue au malheur des femmes qui découvrent trop tard qu’elles doivent faire un deuil. Et comme, dans la vraie vie, on ne fait pas le deuil d’un “fragment de grossesse” mais d’un enfant, la chute est d’autant plus rude » (cf. "Délit d'entrave numérique" : seule réponse possible aux femmes qui souffrent après une IVG ?).

 

En somme, « ce qui est dissuasif de l’avortement, ce n’est pas l’information fausse, c’est l’information juste » car « une information objective sur l’avortement  (…) est par nature et à juste titre dissuasive », assure-t-il.

 

Pour Jean-Marie Le Méné, il est du devoir de l’Etat de « faire baisser le nombre d’avortements qui est scandaleusement deux fois plus élevé en France qu’en Allemagne. » (cf. Le nombre d'avortements diminue en Allemagne).