Dans le coma à 19 ans, à cause de sa pilule contraceptive



Une jeune Québécoise de 19 ans se trouve dans le coma depuis deux mois. Lydia Saint-Pierre a eu une thrombose à cause de sa pilule contraceptive. « Un médecin nous a dit qu’elle resterait légume, mais d’autres disent qu’un jeune cerveau peut revenir à 100 % », explique tristement son père qui ne comprend pas pourquoi cette pilule a pu être prescrite à sa fille. Il déplore qu’elle soit distribuée « comme des bonbons ».

 

Lydia est arrivée aux urgences le 7 mai dernier, très faible, avec de violents maux de tête et des vomissements. Les médecins ont tout de suite pensé à un AVC, une thrombose veineuse ou une tumeur cérébrale. Immédiatement placée en coma artificiel, elle est opérée quelques jours plus tard en danger de mort.

 

Les médecins identifient alors chez elle un déficit génétique en protéine C. Il s’agit d’une condition héréditaire rare « bien connue pour augmenter de manière très significative le risque de thrombose », explique le président de l’Association des médecins hématologues et oncologues du Québec. En effet, la protéine C est une molécule qui empêche la formation de caillots dans le sang. Quand ce déficit en protéine C est combiné avec l’œstrogène des pilules contraceptives, le risque de thrombose est démultiplié. « Une femme entre 20 et 40 ans a une chance sur 10 000 de faire une thrombose, explique le Dr Catherine Taillefer, gynécologue québécoise. Si elle souffre d’un déficit en protéine C et prend la pilule, le risque se situe entre 1 sur 100 et 1 sur 1000. »

 

Le frère de la jeune femme souffre lui-même déjà d’une maladie thromboembolique, avec prédisposition à faire des caillots. Pourtant, malgré ces antécédents familiaux, aucun test n’a été fait à la jeune femme avant de lui prescrire la pilule contraceptive.

 

Toujours hospitalisée, elle est sortie du coma, mais ne peut ni parler ni bouger.

 

Pour aller plus loin :

Une action collective autorisée au Québec contre les pilules Yaz et Yasmine

La contraception hormonale favorise le risque d’AVC chez les femmes ?

La pilule reconnue officiellement à l'origine de l’AVC de Marion Larat


Sources: 

TVA Nouvelles, Anne-Sophie Poiré (05/07/2020)