CRISPR/Cas9 : A la recherche d’une réglementation éthique



Des scientifiques américains ont prévu de se réunir en automne pour fixer des lignes directrices éthiques quant à l’usage des techniques d’édition génétique du type CRISPR/Cas9. Ce sommet est organisé par deux organisations caritatives américaines importantes : l’Académie Nationale des Sciences (NAS) et l’Institut de Médecine (IoM). Il s’agit de déterminer les critères cliniques et éthiques qui réguleront l’usage futur et le développement des technologies de manipulation génétique. En effet, comme l’ont déclaré le Dr Ralph Cicerone, président de la NAS, et le Dr Victor Dzau, président de l’IoM, « de récentes expérimentations visant à éditer des gènes humains ont soulevés d’importantes questions à propos des risques potentiels et des questions éthiques liés à la modification de la lignée germinale humaine ».

 

L’intérêt et la préoccupation concernant de telles manipulations ont été renouvelés après que des scientifiques chinois ont modifié, le mois dernier, l’ADN d’embryons humains, et ce alors même, comme l’explique le Dr Francis S. Collins, directeur de l’Institut National de la Santé (NIH), que « la modification de la lignée germinale humaine dans des buts cliniques a été débattue pendant de nombreuses années et a été perçue presque universellement comme la limite à ne pas franchir » (cf. Synthèse Gènéthique du 27 avril 2015).

 

Une telle modification, qui implique une altération de gamètes se transmettant de manière héréditaire, constitue une pratique eugéniste. Le codécouvreur de la technique du CRISPR/Cas9, le professeur Jennifer Doudna, a pour cette raison appelé à un moratoire mondial sur l’utilisation de cette technique sur les embryons humains et les cellules germinales (cf. Synthèse Gènéthique du 16 mars 2015).

 


Sources: 

Bionews(Ceri Durham) 26/05/2015