CRISPR : un premier patient traité en Chine



Une équipe chinoise dirigée par l’oncologue Lu You à l’université du Sichuan, a injecté pour la première fois fin octobre à un patient atteint d’un cancer du poumon, des cellules modifiées génétiquement avec la technique CRISPR-Cas9.

 

Cet essai clinique a reçu l’approbation d’un comité d’éthique en juillet. Les premières injections, planifiées pour août, ont pris du retard car la culture et la multiplication des cellules a pris plus de temps que prévu.

 

Pour préparer cette injection, les chercheurs ont extrait les cellules immunitaires du sang du patient, puis désactivé un gène dans ces cellules en utilisant CRISPR-Cas9. Le gène désactivé code la protéine PD-1, qui normalement freine la réponse immunitaire d'une cellule : les cancers profitent de cette fonction pour proliférer. Les cellules modifiées, mises en culture, ont ensuite été réinjectées au patient, dans l’espoir que ces cellules immunitaires « attaquent » les cellules cancéreuses. Le protocole prévoit une deuxième injection.

 

Neuf autres patients seront inclus dans l’essai, qui recevront chacun deux, trois ou quatre injections. Cet essai évalue la sécurité du traitement : les receveurs seront surveillés pendant six mois, en évaluant les potentiels effets indésirables. La surveillance se prolongera ensuite pour évaluer l’efficacité du traitement.

 

« C’est une stratégie passionnante » estiment d’autres oncologues, tout en demeurant prudents sur l’issue de l’essai. Aux Etats-Unis, un essai de thérapie génique somatique devrait démarrer début 2017, dans le but de traiter différents cancers. D’autres essais sont annoncés à Pékin, pour le traitement de cancer de la prostate, de la vessie et du rein ; ils sont en attente de validation et de financement.

 

 

 


Sources: 

Nature, David Cyranoski (15/11/2016)