CRISPR et thérapie génique somatique : un premier essai clinique humain en Chine



La Chine lance un premier essai clinique humain utilisant CRISPR dans le traitement du cancer du poumon. L’essai doit débuter au mois d’aout, ayant reçu l’approbation éthique du conseil d’administration de l’hôpital le 6 juillet. Le protocole est en préparation depuis un an et demi, sous la direction de Lu You, oncologue à l’Hôpital de l'Université du Sichuan (Chengdu). Suite à l’annonce d’un essai du même type aux Etats-Unis en début de semaine (cf. CRISPR : Un essai clinique de thérapie génique somatique sur le point de démarrer aux Etats-Unis), l’équipe chinoise se dit confiante mais « prudente ».

 

Les patients atteints de cancer du poumon se verront injecter des cellules immunitaires modifiées génétiquement (des lymphocytes T, préalablement prélevés chez ces patients). L’objectif est de modifier le gène codant la protéine PD-1 dans ces cellules, protéine qui permet aux cellules de défense immunitaires de ne pas attaquer les cellules saines, mais les empêche aussi d’attaquer les tumeurs. Les chercheurs visent également un second gène et l’introduction d’un troisième.

 

Il est toutefois connu que CRISPR peut entraîner des modifications génétiques « au mauvais endroit dans le génome », avec des effets potentiellement nocifs. Chengdu MedGenCell, une société de biotechnologie, est donc chargée de vérifier et de valider les cellules avant l’injection. Les chercheurs seront également vigilants car leur approche pourrait induire une réponse auto-immune excessive dans laquelle les cellules pourraient attaquer l'intestin ou d'autres tissus normaux.

 

L'essai de phase I « est conçu avant tout pour vérifier si l'approche est sécuritaire ». L’équipe examinera les effets de trois schémas posologiques différents sur dix personnes, et prévoit de procéder lentement, en augmentant la dose progressivement et à partir d'un seul patient, qui sera suivi de près pour les effets secondaires. Mais les chercheurs surveilleront aussi de près les marqueurs sanguins qui indiqueraient que le traitement fonctionne.


Sources: 

Nature, David Cyranoski (21/07/2016)