Le sexisme envers les filles, "un problème d'ampleur nationale" en Inde



 En Inde, les femmes subissent une véritable discrimination que ce soit au travail ou à la maison, et "les avortements comme les infanticides deviennent un problème d'ampleur nationale". Ainsi, "les Nations unies estiment à environ 500 000 chaque année le nombre d'interruption volontaire de grossesse [IVG] destinées à éviter la naissance d'une fille", des avortements "pratiqués en cachette et dans des conditions douteuses par des médecins peu scrupuleux. Et les infanticides sont dramatiquement fréquents". 

 

Selon la journaliste, "cette discrimination prénatale et postnatale s'est accrue dès que les femmes ont eu accès à des méthodes permettant d'identifier le sexe de l'enfant, menant ainsi à de nombreux avortements". Et une étude menée par l'ONG Action Women of India à New Delhi a révélé que cette pratique se retrouvait dans toutes les classes indiennes et "que même les femmes les plus éduquées pouvaient passer par plus de huit avortements pour s'assurer de donner naissance à un garçon". 

Pourtant, une loi de 1994 sur les techniques de diagnostics prénataux "interdit d'utiliser les tests déterminant le sexe de l'enfant à naître pour décider d'un avortement", et le 4 mai 2001, la Cour suprême de l'Inde a pris une directive pour que cette loi de 1994 soit respectée. En outre, "le gouvernement a [...] tenté de lancer le Conditional Cash Scheme (allocation conditionné au sexe de l'enfant)", grâce auquel "chaque fille nouveau-née enregistrée recevra 5000 roupies". Cependant, la corruption présente au sein du gouvernement et de la police met en échec ces initiatives des autorités publiques: "ceux qui enfreignent la loi [parviennent] souvent à échapper aux tribunaux, tandis que nombre de médecins et de cliniques pratiquent secrètement les tests de détermination du sexe contre rémunération". 

 

Parallèlement, les institutions religieuses essayent d'agir. Ainsi,"certains temples placent désormais des berceaux devant leurs portes afin que ceux qui refusent leur fille puissent y déposer l'enfant, plutôt que de l'abandonner ou de le tuer". 


Sources: 

 Le Figaro (Christine Nayagam) 11/04/2013