Controverse sur les revues scientifiques



Il existe environ 100 000 revues d’information scientifique dans le monde, 7 000 étant importantes et 2 000 recouvrant 95 % des articles cités. Les plus renommées dans le domaine de la biologie, de la physique et de la médecine sont Nature, Science et The Lancet.

Ces dernières années, ces revues ont été entachées de divers scandales (course au scoop, résultats frauduleux,…) mettant en cause leur crédibilité. L’indépendance des chercheurs travaillant pour des laboratoires privés est souvent mise à mal. En 1996, les Annals of Internal Medecine montraient que 98 % des articles dont les auteurs bénéficiaient de fonds privés faisaient état de résultats positifs pour les médicaments testés alors que pour les chercheurs financés par des fonds publics, seulement 79 % des articles donnaient des résultats positifs. Richard Norton, rédacteur en chef du journal The Lancet, regrette que les articles de recherche deviennent de plus en plus "des exercices marketing".

Pour lutter contre cette pression et pour refaire de l‘objectivité scientifique le premier critère d’une recherche de qualité, une douzaine de revues scientifiques (Annals of Internal Medecine, New England Journal of Medecine, The Lancet, …) a édité en septembre 2001 une sorte de charte déontologique. Celle-ci oblige les auteurs à déclarer leurs liens financiers avec leurs financeurs et à assurer l’indépendance de leurs manuscrits. De leur côté, les revues Science et Nature ont adopté des chartes quasi identiques.

Aujourd’hui, l’anglais est devenu la langue de la science contemporaine, en particulier en biologie, chimique et chimie, et la grande majorité des chercheurs publie en anglais. Le constat est différent pour d’autres sciences comme les mathématiques ou les sciences humaines pour laquelle il existe environ 200 revues françaises multilingues. Si l’anglais est omniprésent, c’est qu’un tiers de la production scientifique mondiale vient des Etats-Unis, la France fournissant 5 à 6 % des publications. Serge Bauin de la direction des études et des programmes au CNRS explique : "aujourd’hui, ce n’est plus l’appartenance nationale des revues qui compte, c’est la nationalité des laboratoires publiant des articles dans des revues qui sont classées en A, B, C par un organisme privé américain, l’Institute of Science Index de Philadelphie". Dans ce contexte très anglophone, certains journaux français tentent de conserver la place du français dans leurs colonnes. Ainsi la revue Médecine Sciences, créée en 1983 et publiée par un petit éditeur français, publie des articles en français accompagnés d’un résumé en anglais et la revue marche très bien.


Sources: 

La Croix (Dossier « Siences et Ethique » - Marie Boëton, Denis Sergent) 06/05/03