Modifier la loi bioéthique en faveur de la vitrification d’ovocytes ?



Dans les pages Opinions du Monde du jeudi 20 mai 2010, le Professeur René Frydman demande que la vitrification d’ovocytes soit autorisée. Rappelant les innovations de l’assistance médicale à la procréation (AMP), le Pr. Frydman fait valoir que, depuis 5 ans, il existe une méthode de congélation ultrarapide d’ovocytes. "Après la congélation des spermatozoïdes dans les années 1970 et celles d’embryons dans les années 1980, la congélation des ovules a été pratiquée dans les années 1990, mais de façon sporadique" explique le Pr René Frydman, ajoutant que "la découverte en 2005 par une équipe japonaise d’une méthode de congélation ultrarapide, la vitrification" pourrait conduire à une évolution de la médecine reproductive.

D’une part, la vitrification d’ovocytes pourrait conduire à réduire le nombre de congélations d’embryons ; d’autre part, "elle permettrait de préserver la fertilité des femmes jeunes, particulièrement celles qui vont bénéficier d’un traitement de chimiothérapie, salvateur de leur maladie, mais stérilisant". Enfin, le Pr. Frydman estime que la création de banques d’ovocytes congelés surnuméraires et anonymes "pourrait faciliter l’accessibilité au don d’ovocytes en France […] les ovocytes surnuméraires seraient plus facilement données par les patientes ayant réalisé leur projet parental". A ces avantages, le Pr. Frydman ajoute la caution de 50 publications scientifiques dans le monde concernant les résultats de la vitrification : en 2009, le suivi de plus de 900 enfants nés en Italie à l’issue d’une fécondation de ces ovocytes était rassurant. René Frydman demande que le ministère de la Santé agrée les demandes d’autorisations déposées depuis 2007 à l’Agence de biomédecine et à l’Affsaps.

Le refus du ministère s’explique par le fait "que les recherches visant à améliorer les techniques d’AMP sont une transgression de l’article 2151-5 du code de santé publique qui interdit la conception d’embryons humains à des fins de recherche". Le Pr. Frydman déclare donc qu'il est "nécessaire de modifier la loi de bioéthique sur ce point en introduisant un cadre permettant l'innovation médicale en PMA, chaque projet d'innovation devant être évalué par des instances


Sources: 

Le Monde (Pr. René Frydman) 20/05/10