Connaître ses parents biologiques : « condition sine qua non pour savoir qui on est complètement »



Vincent Brès, Président de l’association Procréation médicalement anonyme, publie aujourd’hui une tribune dans Le Monde, plaidant pour l’accès de chacun à l’identité de ses parents biologiques. Il répond à la présidente de la fédération des CECOS[1] qui propose un accès à des données non-identifiantes (aspect physique, profession, âge…)[2]. Vincent Brès voit dans cette proposition « un os à ronger proposé aux enfants nés de don, qui ne résout rien ». Il explique : « Nous cherchons plus que cela lorsque nous nous regardons dans le miroir ou lorsque nous transmettons à notre tour notre part de matériel génétique à nos enfants ».

 

Ce qu’il cherche à obtenir, c’est bien une « meilleure connaissance de l’hérédité ou des antécédents médicaux ». Il fustige même « l’injustice d’un système qui confisque (…) des informations sur leur hérédité ». Il rappelle que les personnes nées par don de gamètes ne sont pas issues d’un « matériau interchangeable de reproduction » et que « nier cela en séquestrant l’information sur l’identité du donneur c’est injuste et méprisant ».

 

Si l’association Procréation Médicalement Anonyme ne souhaite pas remettre en cause le lien de filiation, considérant que les personnes issues de don « ont déjà des parents à qui elles doivent d’être ce qu’elles sont devenues », elle insiste pourtant fortement sur le fait que l’accès à ses origines « est simplement la condition sine qua non pour savoir qui on est complètement, en sachant d’où l’on vient. La connaissance de ses origines est indissociable de la réflexion de tout être humain sur son identité personnelle ».

 

Pour aller plus loin :

70 jeunes adultes nés d’un don de gamètes à la recherche de leurs origines

Don de gamètes : les revendications de l’association PMAnonyme

 

[1] Fédération des Centres d’Etude et de Conservation des œufs et du Sperme humains.


Sources: 

Le Monde, Vincent Brès (15/05/2018)